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Endzone 2 : le jeu de gestion survie post-apocalyptique en early access

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Endzone 2 : le jeu de gestion survie post-apocalyptique en early access

J'ai découvert Endzone 2 un soir où mes deux ados étaient enfin couchés, et je cherchais un jeu de gestion capable de me tenir éveillé sans me noyer sous la complexité. Développé par le studio allemand Gentlymad Studios et édité par Assemble Entertainment, ce jeu de gestion survie post-apocalyptique est sorti en early access le 26 août 2024 sur Steam et GOG, au prix de 24,99€. La version 1.0 est arrivée le 24 juillet 2025, accompagnée d'une réduction de 50% jusqu'au 11 septembre 2025.

Suite directe d'Endzone : A World Apart, ce second opus plonge le joueur dans un monde en ruine, ravagé par un cataclysme nucléaire survenu 150 ans plus tôt. L'atmosphère rappelle celle de Fallout ou de Mad Max : sols contaminés, ciels de cendre, humanité décimée. Le joueur incarne le leader de quelques survivants, chargé de reconstruire une civilisation depuis zéro. Déroutant et prenant, ce titre mérite qu'on s'y attarde.

Un univers post-apocalyptique immersif et ses mécaniques de survie

La Terre qu'Endzone 2 dépeint ne ressemble plus à grand-chose. 150 ans après le cataclysme nucléaire, les radiations persistent, les ressources se raréfient et les conditions climatiques rendent toute survie précaire. Les basses terres sont envahies de marais, rendant la colonisation impossible ailleurs que sur les hauts plateaux.

Le joueur démarre avec un véhicule baptisé Pathfinder, un simple bus transportant 15 colons et quelques ressources de base. Trouver un emplacement habitable constitue le premier défi : dès qu'une zone potentielle est détectée, ses ressources se révèlent. Deux bâtiments s'y construisent automatiquement : le point d'accès et le centre communal, piliers de toute future colonie.

Pour maintenir le moral des colons, trois jauges essentielles exigent une attention constante. L'état de santé dépend des logements et de la distribution de médicaments. La confiance en soi s'effrite si les habitations sont dégradées ou la pollution excessive — au risque de voir les colons déserter. Enfin, la contamination radioactive menace chaque individu en permanence, rendant la décontamination indispensable à la survie collective.

Scène post-apocalyptique avec personnages dans ruines industrielles

La gestion des ressources et les chaînes de production

Trois familles de ressources pour une gestion équilibrée

Endzone 2 propose près de 30 types de ressources, réparties en trois catégories distinctes. Les ressources vitales regroupent l'eau et la nourriture. Les matières premières couvrent minéraux, végétaux et débris récupérés. Les matières transformées, issues de la combinaison d'au moins deux matières premières, incluent plastique, caoutchouc ou lingots de métal.

Les chaînes de production, plus courtes que dans le premier épisode, restent cohérentes. Le bûcheron produit du bois, utile à la construction de bâtiments, à la fabrication d'outils ou à la production de charbon. Ce dernier sert ensuite à transformer du minerai en lingots d'argile, de fer ou de cuivre, ou à confectionner des masques à gaz essentiels face aux radiations. Un exemple parmi d'autres illustrant la logique circulaire du jeu.

Logistique simplifiée mais réfléchie

La gestion logistique s'avère accessible : quelques dépôts positionnés stratégiquement autour des bâtiments de production, reliés par des routes, suffisent à faire circuler les ressources. Chaque bâtiment affiche un schéma clair des ressources requises et de leur provenance. Mieux encore, le joueur peut poser des plans de construction et les réaliser quand les matériaux sont disponibles. Une souplesse appréciable pour qui, comme moi, jongle entre plusieurs priorités à la fois.

Opérateur contrôle une base désertique avec technologie holographique avancée

L'exploration et le système d'expéditions pour progresser

Étudier ce monde dévasté n'est pas optionnel dans Endzone 2 — c'est une nécessité. Parcourir la carte révèle des vestiges de l'ancien monde, des bâtiments à fouiller et des ressources précieuses à ramener. J'ai souvent pensé à ces sessions d'exploration en partageant un jeu de survie et d'exploration avec mon fils aîné, ce moment particulier où la découverte prime sur tout le reste.

Les expéditions permettent de gagner des points de connaissance, de récolter des graines, des outils spécifiques ou d'activer des sources de ressources continues sur certains sites. Une casse approvisionne en débris, une mine d'argile en matière première. Mais ces expéditions demandent de la réflexion : remettre le courant, poser une échelle, amener le bon matériel depuis la colonie.

La carte se divise en trois zones accessibles via des ponts détruits à réparer. La première zone recèle de l'argile, la deuxième du fer, la troisième du cuivre. Sans expédition, pas de points de recherche. Sans points de recherche, aucune technologie nouvelle. Cette boucle de jeu force à agir, à chercher, plutôt qu'à attendre passivement.

Homme équipé contemplant trois paysages contrastés : désert, montagnes, vallée verdoyante.

Un système de recherche et de colonies multiples interconnectées

L'arbre technologique se divise en trois branches complémentaires :

  • Économie : débloque des usines et renforce la production industrielle.
  • Écologie : améliore l'accès à l'eau et à la nourriture via l'environnement.
  • Société : favorise le bien-être des colons, de l'éducation aux soins en passant par les loisirs.

Débloquer un palier exige des points de connaissance, puis la recherche elle-même consomme du temps et des ressources supplémentaires. Un investissement qui paie sur la durée.

Aucune zone colonisable ne dispose de toutes les ressources disponibles. Fonder plusieurs colonies devient donc incontournable. Le système de routes commerciales, géré via des véhicules récupérés sur la carte ou le bus de départ, permet d'acheminer ce qui manque là où c'est nécessaire. Une colonie sans point d'eau peut, par exemple, être approvisionnée par une voisine plus productive. Cette interdépendance logistique constitue l'un des aspects les plus satisfaisants du jeu.

Vue aérienne d'installations minières dans le désert avec oasis

Les événements et catastrophes qui ponctuent chaque partie

Si certains événements s'avèrent bénéfiques — les pluies stimulent les cultures — la majorité complique sérieusement la gestion des colonies. Les sécheresses suppriment toute production d'eau et rendent les cultures inexploitables. Les épidémies augmentent la mortalité. Les montées de radioactivité imposent une production accrue d'équipements de protection. Les pluies acides et les vagues de maladie s'ajoutent encore à cette liste d'épreuves.

Face aux radiations, trois types de protections cumulables existent. Des bâtiments de stockage avancés purifient automatiquement l'eau et la nourriture grâce au charbon. Le décontamineur neutralise les radiations dans sa zone d'effet. Le niveau de difficulté permet de paramétrer l'intensité de chaque calamité, offrant un challenge ajusté à chaque profil de joueur.

Soldats face à un portail luminescent dans une ville dystopique

Une expérience accessible mais perfectible pour un jeu en early access

Endzone 2 combine la gestion de colonies façon Banished avec une stratégie expansive rappelant Anno, dans un cadre post-apocalyptique soigné. Sa jouabilité représente son point fort : des mécaniques simples mais sophistiquées, qui poussent à optimiser sans cesse. Les graphismes, améliorés par rapport au premier épisode, tiennent la route pour un jeu de gestion sans prétention.

Mais le jeu souffre d'un excès d'accessibilité. Comparé au premier opus, le challenge s'est considérablement allégé. Les colons semblent trop sereins dans leur apocalypse. L'ambiance sonore, agréable au départ, tourne en boucle et lasse rapidement. Une fois le tutoriel achevé — il représente pourtant déjà 80 % du contenu — les découvertes se raréfient. Cela m'a rappelé certains mangas qui s'essoufflent après un excellent départ.

Les notes oscillent entre 84/100 côté GAMESTAR et 63/100 pour d'autres testeurs, résumant bien l'ambivalence du titre. Des mises à jour prometteuses, notamment la gestion de l'électricité et la reconversion de ruines, laissent espérer un approfondissement bienvenu. Pour les amateurs de jeux d'exploration et de survie, d'autres expériences post-apocalyptiques méritent également d'être visitées. Endzone 2 reste une bonne porte d'entrée dans le genre, idéale pour se détendre le temps d'une soirée — ou de plusieurs.

M

Mooogle

Journaliste pour Project Diva.