Cuisineer : test, prix et achat du jeu vidéo sur Switch, Xbox et PS5
Quand mes ados m'ont parlé de Cuisineer, je dois avouer que j'ai souri. Un jeu où l'on gère un restaurant tout en étudiant des donjons remplis de monstres culinaires ? L'idée semblait folle. Pourtant, après plusieurs dizaines d'heures passées manette en main, je comprends mieux l'engouement. Développé par BattleBrew Productions et édité par Marvelous Europe, ce titre est sorti sur PC via Steam en novembre 2023, avant de débarquer sur Nintendo Switch, PlayStation 5 et Xbox Series en janvier 2025. Proposé aux alentours de 30 euros sur l'eShop et accessible dès 7 ans, Cuisineer mélange gestion de restauration et action roguelike. Cet article vous propose un test complet du gameplay, des mécaniques de jeu et de l'expérience globale pour vous aider à décider si ce titre mérite sa place dans votre ludothèque.
L'histoire de Pom et le restaurant familial
L'aventure débute avec Pom, une jeune aventurière anthropomorphe mi-humaine, mi-chat, qui revient dans sa ville natale de Paell après avoir reçu une lettre de ses parents. Elle pensait les retrouver avant leur départ à la retraite pour un tour du monde. Hélas, à son arrivée, elle découvre une situation catastrophique : ses parents sont déjà partis sans l'attendre, ont vendu tous les meubles pour financer leur voyage et laissé le restaurant familial, le Palais de la patate, dans un état d'abandon total. Pire encore, ils lui ont légué une montagne de dettes qu'elle doit maintenant rembourser.
Cette introduction narrative, bien que simple, pose efficacement les bases du gameplay. Pom n'est heureusement pas seule dans cette galère. Biscotte, sa meilleure amie, l'encourage à remettre le restaurant sur pied. Saule, le menuisier du village, fournit des meubles et améliore les installations en échange de matériaux et d'argent. Briquette, la forgeronne, vend et perfectionne les armes. Les sœurs jumelles Naicha et Zhenzhu tiennent la boutique de bubble tea, tandis qu'Ankhiluun, un marchand, propose une brasserie permettant d'ajouter des effets aux équipements.
Cette galerie de personnages attachants crée une vraie dynamique de village. Chacun a son rôle et contribue à la progression de Pom. Ce cadre narratif justifie habilement les deux piliers du jeu : gérer le restaurant pour gagner de l'argent et analyser les donjons pour obtenir des ingrédients frais. Une idée qui fonctionne remarquablement bien.
La gestion du restaurant et le service client
Le restaurant de Pom occupe le rez-de-chaussée de sa maison, sa chambre étant à l'étage. Le joueur contrôle l'ouverture et la fermeture du resto, de 9h à 23h maximum. Chaque journée commence à 9h00 au réveil et se termine à minuit, avec une minute de jeu équivalant à une seconde en temps réel. Ce rythme peut sembler rapide au début, mais on s'y habitue vite.
Le système intègre trois heures d'affluence : le brunch de 12h à 14h, l'heure du thé de 15h30 à 16h30, et le repas du soir de 18h à 20h. Ces plages horaires sont indiquées par des couleurs verte, orange et mauve sur l'horloge du jeu, facilitant la lecture rapide. Durant ces périodes, les clients affamés affluent en masse, ce qui permet de maximiser les gains.
Le processus de service est bien pensé. Les clients arrivent selon les places disponibles et le menu proposé. Leur commande s'affiche en haut à gauche de l'écran avec un petit point d'exclamation rouge. Le joueur prépare alors le plat à la station de cuisine appropriée : marmite, four, poêle ou casserole. La recette apparaît automatiquement, sans besoin de consulter un livre de recettes, ce qui fluidifie considérablement le gameplay.
Une fois prêt, le plat fini apparaît sur le bar ou plan de travail. Les clients viennent chercher leur assiette eux-mêmes, à l'exception des nobles qui exigent d'être servis à table. Cette distinction visuelle est bien marquée : les nobles arborent des signes distinctifs voyants. Après le repas, il faut récupérer l'argent à la caisse. Attention néanmoins aux touristes indélicats qui tentent de partir sans payer : il faut leur courir après pour réclamer son dû, ce qui ajoute une touche d'humour au gameplay.
Au fur et à mesure que vous servez correctement vos clients, la réputation du restaurant augmente. Chaque niveau de réputation débloque de nouveaux types de clients :
- Les villageois de base
- Les anciens résidents
- Les enfants gourmands
- Les touristes de passage
- Les nobles exigeants
- Les haut-nobles très fortunés
À la fermeture, un récapitulatif présente l'ensemble des plats servis et les gains obtenus. Ce moment fait office de bilan et permet de mesurer les progrès réalisés. J'apprécie cette mécanique de progression claire qui donne envie de faire toujours mieux le lendemain.

Personnalisation et évolution du restaurant
La personnalisation constitue un des points forts de Cuisineer. Le mode dédié, accessible via la touche carré sur PlayStation, permet de placer et déplacer librement les meubles, les stations de cuisine, modifier le parquet et ajouter des fenêtres. Cette liberté totale offre une vraie sensation de s'approprier son espace. Attention d'un autre côté : chaque table doit être accompagnée d'un siège pour que les clients puissent s'installer correctement.
Le jeu propose un catalogue impressionnant de plus de 100 recettes venues du monde entier. On y trouve des popiah (rouleaux de printemps asiatiques), de la confiture de kaya, du poulet frit croustillant, et une multitude de desserts gourmands. Cette variété culinaire reflète une vraie recherche de diversité. Avec mes enfants, on s'amusait à reconnaître les plats qu'on avait déjà goûtés en famille.
Saule, le menuisier du village, joue un rôle central dans l'évolution de votre établissement. Il améliore le restaurant par niveaux en échange de matériaux et d'argent. Les travaux prennent quelques jours dans le jeu, ajoutant une dimension temporelle intéressante. À chaque niveau gagné, le resto s'agrandit et peut accueillir davantage de machines pour la cuisine, permettant de préparer plus de plats simultanément.
Les marchands du village proposent également divers objets de décoration : meubles stylisés, tableaux colorés, plantes vertes. Ces achats permettent de personnaliser son intérieur selon ses goûts. La gestion du frigo prend aussi toute son importance : un plat qui traîne sur le plan de travail devient dégoûtant le lendemain. Mieux vaut donc tout ranger pour éviter le gaspillage et optimiser ses ressources. Cette attention aux détails montre la cohérence du système de restauration.

L'exploration des donjons pour récolter les ingrédients
Contrairement à ce qu'on pourrait attendre d'un jeu de gestion, il n'existe aucun supermarché dans Cuisineer. Tous les ingrédients s'obtiennent en cherchant les donjons. Cette mécanique force le joueur à alterner entre deux activités complémentaires : servir les clients et partir à l'aventure pour chercher des ingrédients frais.
Plusieurs donjons parsèment l'univers du jeu. Les Ruines verdoyantes constituent le premier accessible, suivi par les Fjords gelés et les marais de Konpeito. Chaque environnement propose son propre bestiaire et son thème visuel distinct. Les donjons générés procéduralement créent des niveaux aléatoires à chaque visite, conservant uniquement le thème et les créatures associées. Cette génération aléatoire offre une rejouabilité appréciable, même si certains motifs finissent par se répéter.
L'organisation se fait par étages de donjon que le joueur gravit progressivement. Une particularité majeure concerne le système temporel : dans les donjons, le temps ne s'écoule pas comme au village et aucune horloge n'est affichée. Cela laisse tout le loisir d'examiner minutieusement chaque recoin. En revanche, au retour à Paell, il est automatiquement 22h, ce qui limite la journée. Pour cette raison, il faut partir en donjon avant la fin du brunch, vers 14h environ.
Les différents donjons contiennent plusieurs éléments interactifs :
- Des pièges qui infligent des dégâts au joueur mais aussi aux monstres
- Des fontaines qui restaurent les points de vie (utilisables une seule fois)
- Des autels offrant des bénédictions temporaires (également à usage unique)
- Des zones paisibles avec des ressources comme le bois et la pierre
Pour éviter les pièges et traverser les plateformes, le joueur dispose de la ruée, une capacité qui se recharge rapidement et qui s'avère indispensable pour naviguer efficacement. Trois méthodes permettent de sortir d'un donjon : atteindre la sortie naturellement, utiliser une pierre de téléportation nécessitant quelques secondes d'activation ininterrompue, ou mourir en perdant tous ses ingrédients et se réveiller automatiquement au lit le lendemain. Cette dernière option est frustrante car elle fait perdre toute la récolte de la journée.

Le bestiaire culinaire et les créatures à combattre
Le bestiaire de Cuisineer brille par son originalité. Toutes les créatures sont liées au thème culinaire, ce qui renforce la cohérence de l'univers. Les farinous sont de petites boules farineuses qui se déplacent en groupe. Les poules lâchent des œufs et du poulet lorsqu'on les élimine. Les minitaures fournissent de la viande dure. Les sylvospores donnent des champignons.
On croise également des sangliers, des cocotiers, des crevettes-artilleries, des piments au souffle ardent, des sacs de farine animés, des tomates rebelles et même des poulets géants. Chaque monstre donne un ingrédient spécifique, ce qui permet de cibler ses chasses selon les besoins du restaurant. Cette mécanique astucieuse évite les collectes hasardeuses.
Les arènes de combats constituent des moments clés de l'exploration. Entourées de bannières rouges, elles se referment dès qu'on y entre et ne rouvrent qu'après la victoire. Ces différents combats peuvent s'avérer corsés, surtout en difficulté élevée avec les attaques de groupe. En récompense, le joueur récupère des ingrédients et des équipements dans un coffre. Judicieusement, des fontaines se trouvent souvent à proximité pour se soigner après l'effort.
Chaque donjon héberge deux boss. Le premier apparaît dans l'arène du troisième étage, le second à la fin de l'exploration complète. Ces créatures massives offrent des batailles difficiles qui mettent à l'épreuve la maîtrise du combat. Se téléporter devient quasi impossible une fois dans leur antre, forçant à affronter le danger. Avec mon fils aîné, on a passé plusieurs soirées à élaborer des stratégies pour vaincre ces ennemis redoutables.

L'arsenal culinaire et le système de combat
Les armes disponibles dans Cuisineer respectent l'univers culinaire. La première arme est une spatule basique, suivie par des assiettes, un claquereau, un espadon (le poisson, pas l'épée), ou encore un attendrisseur à viande. Tout est cohérent avec la thématique du jeu, ce qui renforce l'immersion.
Le système de ceinture, affiché en bas d'écran, permet de porter deux ustensiles simultanément : une arme principale et une arme secondaire. Chacune dispose d'une attaque normale et d'une attaque puissante. Les dégâts varient selon le type d'arme : 10 points pour les rapides, 35 points pour les lourdes. Ce choix stratégique influence grandement le style de jeu adopté.
Les armes intègrent des effets liés aux saveurs du combat : salé, acide, sucré, amer, umami. S'ajoutent également des éléments comme le gel, le feu, le poison ou les chaînes d'éclair. Cette diversité d'effets permet de s'adapter aux différents combats rencontrés. Malheureusement, on ne peut pas changer d'arme sans passer par l'inventaire, ce qui oblige à se mettre en sécurité avant toute modification d'équipement.
Briquette, la forgeronne, vend et améliore les armes et l'équipement (vêtements, bottes, gants). Les objets possèdent des emplacements pour des effets actifs ou passifs comme l'embrasement, le poison, des bonus de points de vie ou des dégâts critiques augmentés. Ces modifications permettent de créer des builds personnalisés selon sa façon de jouer.
La capacité de ruée permet d'éviter les pièges et de traverser les plateformes. Elle se recharge rapidement, ce qui facilite la mobilité. Les attaques de combat puissantes via les boutons ZL et ZR nécessitent un temps de recharge mais infligent des dégâts conséquents. Maîtriser ces mécaniques devient essentiel dans les étages de donjon supérieurs où les ennemis frappent fort.

Les bubble teas et le système de buffs alimentaires
Les bubble teas servent de potions de soin et de support. Le premier disponible est un thé au lait classique qui restaure 35 points de vie. Ces boissons se stockent dans la partie droite de la ceinture. Trois emplacements supplémentaires peuvent être débloqués en dépensant de l'argent au marché, portant le total à quatre boissons transportables simultanément.
Pour découvrir de nouvelles boissons et leurs effets, il faut se rendre chez les sœurs jumelles Naicha et Zhenzhu. Le processus nécessite de préparer différents plats et de fournir de l'or. La recherche prend une journée complète dans le jeu, tandis que les améliorations s'effectuent immédiatement. Ce système encourage à expérimenter avec diverses recettes pour débloquer progressivement de nouvelles options.
Avant de partir en donjon, manger un plat préparé confère un bonus temporaire. Les effets se découvrent par tests successifs, avec quelques indices sur la composition dans le livre de recettes. Un seul bonus par plat par jour reste actif. Manger un autre petit plat remplace le bonus précédent, obligeant à faire des choix stratégiques selon les donjons visités.
La brasserie d'Ankhiluun offre une mécanique d'amélioration supplémentaire. En plongeant un objet dans la marmite avec un plat et de l'or, on peut ajouter des effets aux armes et vêtements. La limite est fixée à deux effets par objet. Ces modifications sont cotées par des étoiles : plus il y en a, plus l'effet est puissant. Trouver les bons petits plats à utiliser demande de l'expérimentation, mais les résultats valent l'investissement. Ce système d'amélioration complexe ajoute une couche stratégique bienvenue.

Le village de Paell et ses habitants
Le village de Paell constitue le cœur social du jeu. On y trouve le restaurant de Pom, la brasserie d'Ankhiluun, le magasin de bubble teas des sœurs jumelles, la forge de Briquette, le marché central et la menuiserie de Saule. Chaque bâtiment a sa fonction propre et contribue à la progression.
Le marché se modifie quotidiennement selon le calendrier. Certains marchands ne viennent qu'à des jours spécifiques de la semaine. Par exemple, Tofu du comptoir du troc apparaît uniquement les jours acides. Deux marchands du village spéciaux plantent leur tente chaque jour, proposant plantes décoratives, tableaux pour le restaurant, nouvelles tenues pour Pom ou possibilités de troc d'ingrédients. Cette rotation encourage à vérifier régulièrement les disponibilités.
Les quêtes secondaires s'affichent via des bulles de dialogue avec un point d'exclamation bleu au-dessus de la tête des villageois. Généralement, ils demandent d'apporter des ingrédients spécifiques ou des plats préparés. En échange, le joueur obtient de nouvelles recettes, de l'or ou des objets utiles. Ces quêtes sont essentielles pour enrichir le menu du restaurant et débloquer des options culinaires variées.
Les habitants du village ne sont pas toujours disponibles. Ils vaquent à leurs occupations selon le calendrier et l'heure de la journée, ajoutant une dimension réaliste. La boîte aux lettres de Pom affiche un point d'exclamation quand du courrier arrive. Souvent, il s'agit de Biscotte qui rappelle de faire le plein d'un ingrédient spécifique, ou de marchands qui envoient leurs publicités. Ces petits détails créent une vraie vie de village.
Les possibilités d'achat et d'amélioration sont nombreuses :
- Extension de l'inventaire personnel
- Agrandissement du sac d'aventure
- Achat d'armoires de rangement
- Amélioration des armes chez Briquette
- Acquisition de meubles pour le restaurant
Cette gestion des ressources et des priorités d'achat fait partie intégrante de l'expérience. Avec mes ados, on débattait souvent sur ce qu'il fallait améliorer en priorité.

Le calendrier et les événements saisonniers
Le système calendaire de Cuisineer structure intelligemment la progression. Les mois comptent 20 jours répartis en semaines de 5 jours, chacun nommé d'après une saveur : jours sucrés, acides, Umamis, salés et amers. L'aventure démarre au printemps, avec le cycle des saisons qui s'enchaîne naturellement.
Le calendrier affiche plusieurs informations utiles. Certains jours, les clients ont une envie particulière d'ingrédient spécifique, augmentant la demande et les profits potentiels. Les anniversaires des villageois sont aussi indiqués : Biscotte est née le 7 du printemps, par exemple. Offrir un cadeau ces jours-là renforce les relations. Les événements à venir comme les fêtes à Paell (le 9 du printemps dans le jeu) apparaissent également.
Les saisons changeantes apportent différentes célébrations : Pâques, festivités d'été, Noël. Ces occasions spéciales proposent des décorations thématiques et des articles exclusifs, disponibles uniquement durant ces périodes. Les journées festives promettent des tenues exclusives pour Pom, un afflux constant de clients affamés toute la journée, et divers bonus supplémentaires qui boostent les gains.
Ce système temporel crée une structure sans imposer de pression. Le joueur reste libre de gérer son rythme, d'ouvrir le restaurant quand bon lui semble, ou de passer des journées entières à étudier les donjons. Aucune urgence ne pousse à terminer les quêtes principales ou annexes rapidement. Cette liberté constitue un des atouts majeurs du jeu, permettant à chacun de jouer comme il l'entend. Personnellement, j'apprécie cette approche décontractée qui contraste avec les jeux de gestion chronométrés et stressants.

Aspects techniques et accessibilité
Cuisineer propose quatre niveaux de difficulté, du plus facile au plus féroce. Cette modulation reste possible en cours de partie, permettant d'ajuster l'expérience selon ses préférences. Le dernier niveau de difficulté se révèle particulièrement redoutable, surtout avec les attaques de combat de groupe et les derniers étages de donjon qui demandent une vraie maîtrise des mécaniques.
La sauvegarde s'effectue automatiquement après chaque journée complète. On peut par contre arrêter en avance pour sauvegarder si nécessaire, évitant ainsi de perdre sa progression. Ce système sécurise l'expérience sans forcer à jouer des sessions prolongées.
La prise en main nécessite un temps d'adaptation. Les manipulations s'effectuent majoritairement avec la touche X, tandis que la touche A sert au sprint court. Cette configuration peut surprendre au début, mais le jeu offre la liberté de remapper les touches dans le menu principal. Les attaques puissantes via ZL et ZR nécessitent un temps de recharge et s'avèrent cruciales dans les situations délicates.
Le jeu est disponible intégralement en français avec une interface claire. Des rappels des commandes s'affichent régulièrement à l'écran, facilitant l'apprentissage progressif. Le classement pour joueurs de 7 ans et plus rend le titre accessible à un public familial, même si certains combats peuvent s'avérer difficiles pour les plus jeunes.
Plusieurs points faibles techniques méritent mention. Les temps de chargement sont nombreux et longs, brisant régulièrement le rythme de l'histoire. Cette latence pousse à éviter les entrées et sorties répétées des bâtiments. Une certaine latence dans les coups portés se fait sentir, surtout en début de partie. La distance vis-à-vis de l'action pose parfois problème : impossible de zoomer pour mieux percevoir les combats, ce qui complique la lecture en mode portable sur Switch.
Les bruitages du restaurant peuvent agacer à la longue. Les bruits de bouche des clients sont très prononcés, et les sonnettes annonçant qu'un plat fini est prêt résonnent fréquemment. Après plusieurs heures, ces sons répétitifs deviennent éprouvants. Ces défauts techniques, bien que non rédhibitoires, ternissent légèrement l'expérience globale.

Durée de vie et verdict final
Le platine PlayStation est réalisable en environ 48 heures de jeu, soit 85 jours dans l'univers de Cuisineer avec un restaurant et un équipement maximisés. Tous les trophées sont accessibles en une seule partie, à l'exception de celui lié à la première dette qui peut être manqué. Pour l'obtenir, il faut éviter tout achat avant de payer les impôts le jour même. Si raté, quelques heures suffisent lors d'une seconde partie pour le débloquer.
Le jeu ne se termine pas après avoir réglé les dettes. De nombreux défis restent à relever, prolongeant considérablement la durée de vie. Le contenu est riche et addictif, offrant une vraie profondeur à qui souhaite tout analyser.
Les points forts sont nombreux. Le mélange des genres réussit parfaitement, créant une synergie entre gestion de restaurant et donjon crawler. Le contenu est conséquent et la progression addictive donne constamment envie d'aller plus loin. La gestion du restaurant est facilitée par de nombreuses aides des développeurs : commandes affichées avec des indicateurs, recettes qui apparaissent automatiquement, préparation simple. L'univers mignon et coloré séduit immédiatement avec ses différentes créatures culinaires originales.
La liberté totale dans la gestion du temps est un point fort indéniable. Aucune pression ne force à terminer les quêtes, permettant de jouer à son rythme. Les personnages sont attachants et donnent vie au village de Paell. La génération procédurale des donjons est bien menée et offre une rejouabilité appréciable.
Les points faibles existent néanmoins. La diversité des armes principales reste limitée malgré les variations de caractéristiques. Une certaine répétitivité des tâches devient inévitable après plusieurs dizaines d'heures. Les périodes creuses du restaurant manquent de punch, même si les festivals compensent. L'argent est difficile à gagner, obligeant à servir de nombreux clients pour progresser significativement. Le choix de vêtements est restreint en début de partie. Le dernier donjon n'offre pas de nouvelles créatures hormis les boss, ce qui déçoit légèrement.
Cuisineer n'est pas sans rappeler d'autres titres du genre comme Moonlighter, Dave the Diver ou Battle Chef Brigade, tous basés sur un mélange de genres avecla cuisine comme point d'ancrage, bien que les univers diffèrent sensiblement.
Après ces nombreuses heures passées à jongler entre station de cuisine et exploration de donjons, mon verdict est nuancé mais globalement positif. Cuisineer propose une expérience originale qui sait séduire par son concept hybride. Le jeu s'adresse particulièrement aux amateurs de gestion décontractée et d'action roguelike accessible. Les défauts techniques, bien que présents, ne gâchent pas fondamentalement le plaisir de jeu.
Pour 30 euros, le rapport qualité-prix reste honnête au vu du contenu proposé. Les familles trouveront un titre jouable à plusieurs, idéal pour partager des sessions où chacun peut donner son avis sur la gestion du restaurant ou la stratégie dans les donjons. Les joueurs cherchant une aventure relaxante avec des moments d'action rythmés seront comblés.
La passion culinaire transparaît dans chaque détail du jeu, des recettes variées aux créatures thématiques. Cette cohérence artistique et ludique mérite d'être saluée. Les développeurs de BattleBrew Productions ont su créer un univers attachant où l'on prend plaisir à revenir jour après jour pour servir les clients, obtenir des ingrédients et faire prospérer le restaurant familial de Pom.
Personnellement, j'ai apprécié ces moments partagés avec mes enfants, observant leurs stratégies différentes des miennes pour gérer le resto ou affronter les boss. Cette dimension multigénérationnelle du jeu renforce son attrait. Cuisineer ne métamorphose pas le genre, mais il l'enrichit avec sincérité et créativité. Les joueurs patients qui acceptent ses défauts techniques découvriront une expérience riche et satisfaisante, capable d'occuper plusieurs dizaines d'heures avec constance. Pour qui cherche un jeu vidéo réconfortant mêlant art culinaire et aventure fantaisiste, ce titre mérite amplement le détour sur Nintendo Switch, PlayStation 5 ou Xbox Series.
Journaliste pour Project Diva.