Acheter Dungeons 4 : avis, test et meilleurs prix sur PC, PS5, Switch et Xbox
J'avoue avoir été sceptique quand Dungeons 4 a débarqué en novembre 2023. Après trois opus, fallait-il vraiment remettre le couvert ? Pourtant, ce jeu de gestion de donjon mêlé à de la stratégie temps réel m'a rapidement happé, comme ces soirées passées avec mes ados à comparer nos armées de créatures maléfiques. Disponible sur PC, PlayStation 5, Xbox et Nintendo Switch, ce titre développé par Realmforge Studios et édité par Kalypso Media inverse les rôles : vous incarnez le Mal Absolu, accompagné de Thalya, une elfe noire qui n'a rien perdu de son caractère. Le gameplay repose sur une dualité fascinante entre la gestion souterraine de votre repaire et la conquête brutale de la surface. Le doublage français, rarement aussi soigné, porte un humour omniprésent gorgé de références pop culture. Mais attention : toutes les versions ne se valent pas. Les performances techniques varient drastiquement selon la plateforme, notamment sur Switch où l'expérience devient un véritable calvaire.
Sur PC, PS5 et Xbox, le jeu déploie ses forces sans retenue. Le gameplay alterne intelligemment entre construction minutieuse et affrontements dévastateurs, avec une interface à la manette fluide et intuitive. L'humour grinçant du narrateur britannique, parfaitement adapté en français, transforme chaque partie en spectacle décalé. Les références à World of Warcraft, Marvel ou Le Seigneur des Anneaux fusent sans complexe, cassant régulièrement le quatrième mur. J'ai adoré retrouver cette ironie mordante, celle qui fait sourire même après vingt heures de jeu. La durée de vie généreuse, oscillant entre 25 et 30 heures pour boucler la campagne, justifie amplement l'investissement. Le style visuel coloré, presque cartoonesque, donne vie à des créatures grotesques et attachantes. Les donjons quatre fois plus grands qu'auparavant permettent d'accueillir des armées massives. L'ajout des Nains comme faction ennemie souterraine apporte une profondeur tactique bienvenue. Le système de perks pour Thalya enrichit la progression. Mais voilà : sur Switch, tout s'effondre. Les temps de chargement insupportables, parfois deux à trois minutes, brisent tout rythme. Les chutes de framerate transforment les batailles en diaporamas pénibles. Les bugs récurrents, les plantages fréquents et les textures floues trahissent un portage bâclé. Avec une note de 5.9/10 pour cette version, mieux vaut clairement privilégier les autres plateformes.
Le cœur du jeu repose sur l'Underworld et l'Overworld, deux mondes distincts exigeant chacun une approche spécifique. Dans les profondeurs, vous dirigez des grouillots besogneux qui creusent galeries et filons aurifères. La construction de salles variées structure votre progression : trésoreries pour amasser l'or, cachettes pour la horde, arènes d'entraînement, cimetières macabres, vortex démoniaques inquiétants, ateliers pour fabriquer pièges redoutables, salles de mana essentielles aux sortilèges. Trois ressources gouvernent votre empire maléfique. L'or s'extrait péniblement des veines rocheuses, vite insuffisant pour vos ambitions grandissantes. La Méchanceté, récoltée en massacrant ennemis et bâtiments adverses, débloque améliorations, sorts et unités dévastatrices via l'arbre technologique. La mana alimente vos pouvoirs magiques. Le système de pré-construction automatique facilite l'expansion. Vous gérez trois factions distinctes : la Horde composée d'orcs et de nagas, les Morts-Vivants économiques qui ne mangent jamais et ressuscitent dans leurs tombes, les Démons voraces invoqués par les vortex. Chaque faction possède ses propres besoins impérieux. Négliger nourriture, salaire ou divertissement provoque des grèves spectaculaires : vos créatures manifestent devant le cœur du donjon, panneaux revendicatifs brandis, refusant obstinément de combattre. J'ai ri devant cette satire sociale inattendue, même si gérer ces crises ralentit parfois l'action.
Lorsque votre armée souterraine est prête, franchissez la porte menant vers le Surmonde verdoyant. Le gameplay bascule alors en stratégie temps réel classique. Sélectionnez vos troupes, désignez objectifs et ennemis, répandez la corruption. Votre mission principale : transformer les biomes luxuriants en terres désolées. Éliminez des mini-boss comme la licorne harmonieuse, détruisez villages paisibles, massacrez héros courageux, protégez convois maléfiques, pillez camps adverses. L'Overworld démesuré propose de nombreux biomes inédits, chacun succombant visuellement à votre influence néfaste. Végétation pourrissante, bâtiments délabrés, atmosphère sombre témoignent de votre triomphe. Vous choisissez entre nettoyer intégralement la surface ou foncer vers l'objectif principal. Le système ingénieux de cartes doubles affiche simultanément donjon et surface, signalant ennemis en rouge. Le narrateur commente régulièrement événements importants. D'un autre côté, les combats deviennent parfois chaotiques quand trop d'unités s'entrechoquent, privilégiant masse brute sur finesse stratégique. J'aurais apprécié davantage de subtilité tactique.
- Les Nains souterrains représentent une menace permanente rivalisant pour ressources et espace
- Les héros de l'Alliance attaquent régulièrement votre cœur de donjon avec virulence croissante
- Les dangers naturels comme araignées géantes et élémentaires hantent les galeries obscures
L'ajout des Nains comme faction ennemie constitue la grande nouveauté de cet opus. Ces adversaires robustes construisent forteresses souterraines, chantant leur mélodie obsessionnelle sur l'or et les gemmes. Ils rivalisent férocement pour contrôler l'espace underground, obligeant à infiltrer ou détruire leurs bases bien défendues. Cette couche tactique inédite complexifie agréablement la gestion. Parallèlement, les forces de l'Alliance envoient régulièrement héros pillards visant vos coffres. Plus vous traînez, plus ces assauts deviennent puissants. Il faut donc avancer efficacement sur les objectifs principaux. Pour protéger votre antre, un atelier produit caisses nécessaires aux pièges variés : dalles explosives, fosses mortelles, projectiles empoisonnés. Ces défenses, débloquées via l'arbre de recherche, se positionnent stratégiquement aux entrées vulnérables. Gérer simultanément menaces souterraines et attaques héroïques exige vigilance constante. Les nids d'araignées et élémentaires ajoutent dangers supplémentaires, rendant expansion prudente. J'ai particulièrement apprécié cette complexité stratégique, même si elle peut dérouter les débutants. Mes ados ont adoré construire labyrinthes mortels, rivalisant d'ingéniosité pour piéger les héros téméraires.
- La campagne principale propose vingt missions d'une heure minimum, entièrement doublées avec le narrateur culte de la série
- Le mode Escarmouche offre cartes personnalisables et défis variés garantissant rejouabilité théoriquement infinie
- Le mode coopératif permet de gérer ensemble un donjon, en ligne ou local, sur toutes les cartes disponibles
Chaque mission propose trois défis distincts : objectif principal de victoire et deux tâches secondaires liées aux trophées. Tous peuvent être accomplis dès le premier essai avec attention. Des quêtes secondaires apparaissent continuellement, récompensant en Méchanceté précieuse. Le mode coopératif fonctionne remarquablement bien : un joueur gère le donjon pendant que l'autre conquiert la surface. Cette division des tâches renforce l'efficacité. Pourtant, le manque de défis spécifiquement adaptés au coop en début de campagne limite l'intérêt initial. J'ai particulièrement savouré ces sessions partagées avec mes enfants, alternant rôles et stratégies.
L'édition Deluxe enrichit l'expérience avec bande originale, artbook numérique, skins de Dungeons 3 pour Thalya et la Main du mal, plus une carte remasterisée "Assaut sur Dollaran". La Nintendo Switch Edition exclusive ajoute tenue Princesse pour Thalya, options pour Grouillots, skin de salle du trône. Le DLC "The Good, the Bad and the Evil" (15 euros) transporte vers un univers Far West délirant : déserts arides, villes caricaturales, Nains cowboys armés de mitrailleuses, trains en mouvement perpétuel, biome western détaillé, canons à dragons crachant lave, nouveaux pièges sans unités révolutionnaires néanmoins. "Not Another Multiverse" (plus de 15 euros) inverse les rôles, permettant d'incarner le Bien avec Tristan : trois missions principales et une coopérative. D'autres extensions arrivent prochainement.
Sur PC, PS5 et Xbox, les performances restent solides malgré une latence croissante dans les donjons saturés de créatures et structures. La gestion à la manette s'avère intuitive, l'interface bien pensée. Mais sur Switch, la catastrophe technique gâche tout plaisir. Les temps de chargement de deux à trois minutes surgissent régulièrement, brisant rythme et immersion. En mode portable, résolution et textures s'effondrent, interfaces deviennent illisibles. Dès trente unités à l'écran, les chutes de framerate transforment combats en diaporamas pénibles. Menus flous, ralentissements même en mode docké, effets visuels grossièrement simplifiés. Les bugs pullulent : freezes pendant dialogues, plantages en coop notamment sur "Storming of Dollaran", crashes aléatoires, dialogues coupés ou désynchronisés, sons absents ou étouffés. Ce portage bâclé reproduit les erreurs de Dungeons 3, ajoutant nouveaux problèmes. Pour 50 euros, cette version Switch constitue une expérience rédhibitoire et punitive. Privilégiez absolument les autres plateformes pour profiter pleinement de cette guerre souterraine jubilatoire.
Journaliste pour Project Diva.