Nikoderiko : The Magical World est un jeu de plateforme développé par VEA Games, un studio chypriote, édité par Knights Peak et MY.GAMES. La version originale est sortie le 15 octobre 2024 sur Nintendo Switch, PlayStation 5 et Xbox Series. La Director’s Cut a suivi le 5 décembre 2024, enrichissant l’expérience avec un monde supplémentaire et des améliorations significatives. Le titre se présente comme une lettre d’amour aux plateformers classiques, avec des inspirations assumées de Crash Bandicoot et Donkey Kong Country. Niko et Luna, deux mangoustes intrépides, partent à la chasse aux trésors dans un univers vibrant et coloré. Je vais vous emmener dans cet univers magique sous trois angles : l’histoire et le contenu, le gameplay et ses mécaniques, puis les performances selon les plateformes.
Sommaire
ToggleUne aventure colorée à la poursuite d’une relique volée
Niko et Luna voyagent en ballon dirigeable, deux mangoustes aventurières en quête perpétuelle de trésors. Sur une île magique, ils mettent la main sur une ancienne relique aux pouvoirs mystérieux. Mais Baron Grimbald, chef de la Cobring Gems Company, la leur dérobe aussitôt, plongeant l’île entière dans le chaos. Les tribus locales souffrent, et nos deux héros n’ont d’autre choix que de traverser les mondes pour récupérer ce précieux objet.
Le jeu propose sept mondes distincts, soit environ 35 niveaux répartis en environnements variés. La Terre des neiges offre des pics enneigés spectaculaires, les Bois magiques distillent une atmosphère mystérieuse, et la Mer sèche plonge les joueurs dans des profondeurs saumâtres surprenantes. Chaque monde se clôture par un boss, pour un total de sept affrontements épiques dans la version de base.
La Director’s Cut ajoute un huitième monde exclusif avec un boss inédit, de nouveaux défis et des trésors cachés supplémentaires. Ces niveaux bonus sont sensiblement plus ardus, avec des ennemis coriaces et des pièges omniprésents. Mon fils aîné, fan de jeux exigeants, a particulièrement apprécié ce défi supplémentaire. La progression y demande davantage de précision et de patience.
La direction artistique est franchement réussie : graphismes colorés, animation cartoon soignée, décors chatoyants remplis de détails. Les arrière-plans sont travaillés, chaque biome possède son identité visuelle propre avec des monuments emblématiques. Le design des personnages rappelle directement Crash et Coco Bandicoot, et le jeu assume pleinement cette filiation, jusqu’à glisser dans les dialogues qu’un bandicoot et une mangouste, c’est pareil.
La bande originale signée David Wise est une vraie réussite. Ce compositeur légendaire, derrière les musiques de Donkey Kong Country et Yooka-Laylee, livre des mélodies tropicales et des ambiances aquatiques qui rappellent l’âge d’or du genre. La Director’s Cut inclut une nouvelle piste exclusive composée pour le Monde 8. Le doublage complet en français, allemand, espagnol, japonais, portugais brésilien et chinois simplifié permet à tous les publics de profiter des dialogues, parfois parodiques, avec des clins d’œil sympathiques au Seigneur des Anneaux.

Un gameplay accessible entre montures, secrets et hommages aux classiques
Le gameplay en 2,5D alterne passages en 2D classiques et segments en 3D avec des changements de caméra réguliers. L’arsenal de mouvements est complet : saut, planer, glissade, pilonnage, sauts muraux, nage, et la possibilité de prendre et lancer des objets. La maniabilité reste accessible, idéale pour initier de jeunes joueurs au genre sans les décourager.
Le combat repose principalement sur le saut sur la tête des ennemis, à la manière des classiques du genre. Certains adversaires nécessitent des approches spécifiques : glissade, attaque au sol, ou utilisation de projectiles comme des tonneaux. Le design des ennemis indique généralement la méthode à employer, même si quelques confusions persistent entre adversaires au look similaire. Pour comparer avec d’autres titres du genre, Astro Bot sur PS5 offre une précision de gameplay supérieure, mais Nikoderiko compense par son accessibilité.
Le système de montures animales constitue l’un des attraits majeurs du jeu. Boaris le Sanglier fonce tête baissée, Todd le Crapaud bondit très haut et crache du feu, Océanis l’Hippocampe excelle dans les passages aquatiques. D’autres familiers complètent ce bestiaire : un Dino capable d’avaler et recracher des ennemis comme projectiles, une chauve-souris au vol façon Flappy Bird. Ces montures s’invoquent ou se découvrent dans des crates disséminées dans les niveaux, et peuvent être achetées avec des médailles.
Chaque niveau regorge de collectibles à dénicher. Voici ce que vous trouverez systématiquement :
- Les quatre lettres N-I-K-O, cachées dans des passages secrets
- Deux clés par niveau, obtenues principalement via des défis bonus
- Un diamant mauve par niveau, souvent dissimulé dans des zones discrètes
- Des libellules jaunes et mauves servant de monnaie principale
- Des pinatas rares remplies de libellules et de pièces d’or
Les niveaux bonus, accessibles via des tonneaux-canons, proposent des challenges chronométrés avec mort instantanée au moindre contact. Collecter des étoiles, chasser les ennemis ou trouver une clé dans un temps imparti : ces épreuves demandent souvent de nombreuses tentatives. La coopération locale à deux joueurs permet à un partenaire de rejoindre la partie à tout moment. L’écran partagé sans scission oblige à rester proches. Si un joueur meurt, une bulle de savon le maintient en vie jusqu’à ce que son partenaire la crève. J’ai partagé plusieurs sessions avec mes enfants, et la dynamique coopérative rend le jeu particulièrement savoureux. Le rapprochement avec Raccoo Venture, autre jeu de plateforme 3D, montre que Nikoderiko mise davantage sur l’accessibilité familiale que sur l’innovation.

Des performances contrastées et une difficulté déséquilibrée selon les plateformes
La version Switch souffre de nombreux problèmes techniques : temps de chargement insupportablement longs, plantages fréquents, bugs de collision, freezes nécessitant un redémarrage complet, et musique régulièrement coupée. La latence dans les commandes nuit à la précision des sauts. Les versions PS5 et Xbox Series offrent une expérience nettement plus fluide et sont fortement conseillées.
La mise à jour 1.000.002 a réduit les ressources nécessaires à l’ouverture des lootbox et corrigé certains bugs d’affichage sur la carte du monde. Malgré ces correctifs, l’expérience Switch reste globalement en retrait par rapport aux autres plateformes.
La difficulté est clairement déséquilibrée : des niveaux très exigeants surgissent sans prévenir, suivis de passages beaucoup trop simples. Les boss à trois phases constituent le vrai défi, leur troisième phase étant souvent anormalement difficile par rapport aux deux premières. Échouer oblige à recommencer l’intégralité du combat de boss.
Trois modes de difficulté structurent l’aventure. Le mode Facile démarre chaque niveau avec trois cœurs, idéal pour les familles. Le mode Normal propose deux cœurs avec peu de différences notables. Le mode Difficile inverse les niveaux en miroir et introduit un oursin maléfique fatal en un seul coup, offrant une expérience digne des jeux les plus coriaces du genre. La Director’s Cut a repensé ces modes avec un véritable mode difficile et des modificateurs supplémentaires, accessibles gratuitement pour les propriétaires du jeu original.
La durée de vie oscille entre six et dix heures selon le style de jeu et le niveau de complétion visé. Le prix réduit du titre compense une expérience un peu courte. Le système de lootbox nécessite un farming long et artificiel pour atteindre les 100% de la galerie, ce qui constitue un frein réel à la complétion totale. Malgré ses défauts, Nikoderiko reste un platformer coloré et sincère, porté par la patte musicale de David Wise et l’enthousiasme communicatif de ses deux héros.
