Ça fait des années que je traque les jeux capables de me coller une montée d’adrénaline comme un bon animé des années 90. Mullet Mad Jack, développé par Hammer95 en collaboration avec Epopeia Games, m’a sauté aux yeux dès son annonce. Disponible sur Xbox Series X|S et Xbox One depuis mars 2025, inclus dans le Xbox Game Pass, ce FPS roguelite propulse le joueur dans un univers futuriste en 2090 où l’humanité survit grâce à des shoots de dopamine. La mécanique centrale repose sur dix secondes de vie à alimenter en kills permanents, le tout enrobé d’un hommage vibrant aux animés japonais. Mes deux ados ont levé un sourcil intrigué en me voyant jouer. Voilà qui méritait un test complet.
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ToggleUn FPS roguelite dopé à l’adrénaline : la mécanique des 10 secondes
Le concept frappe immédiatement par son audace. Le joueur dispose de dix secondes de vie, cette jauge représentant simultanément sa santé. Chaque meurtre rapporte quelques précieuses secondes supplémentaires. Les headshots et les tirs dans les zones sensibles en octroient davantage, mais les exécutions restent le moyen le plus efficace pour remonter le compteur.
Cette mécanique génère une pression positive constante, une tension jouissive qui pousse à enchaîner les kills sans jamais souffler. Le niveau de difficulté module ce timer : quinze secondes en mode facile, moins en modes supérieurs, jusqu’au permadeath total. Le roguelite s’exprime pleinement dans la structure de Nakamura Plaza, un immeuble de dix étages comprenant chacun dix niveaux se terminant par un boss.
Un checkpoint sauvegarde la progression tous les dix étages. Échouer au niveau 47 ramène au niveau 40, pas au début. Entre chaque niveau, le joueur choisit parmi trois améliorations : armes, personnage, environnement. Ces bonus temporaires disparaissent après un boss ou en cas de mort. Des bonus permanents se débloquent après chaque boss, conservant certains atouts essentiels.
Un arsenal varié pour une ascension sanglante et frénétique
L’arsenal disponible couvre les classiques : revolver, fusil à pompe, fusil d’assaut, Uzi, sabre et quelques armes exotiques futuristes. Chaque pétoire s’améliore sur trois niveaux, avec des caractéristiques propres en puissance, vitesse et portée. Le gunfeel est franchement excellent, renforcé par des effusions de sang généreuses qui donnent du poids à chaque tir.
Les munitions sont infinies, mais pas le chargeur. Gérer le rechargement sans indicateur de munitions visible ajoute une couche de tension supplémentaire. Des objets spéciaux ramassables — hache, couteaux, grenades, lames — permettent des exécutions instantanées récupérant la totalité du temps perdu. Les bottes de Jack permettent également d’envoyer les ennemis valdinguer contre des compteurs électriques ou des ventilations pour les achever.
- L’Uzi demande beaucoup de patience avant d’atteindre son plein potentiel.
- Le sabre exige un entraînement sérieux pour être maîtrisé efficacement.
Les mouvements incluent strafe, saut, dash et courses sur les murs. Malheureusement, les surfaces pour le wall-run restent souvent trop petites, l’animation ne se déclenchant pas toujours. La glissade et l’exécution spéciale sont assignées par défaut à la même touche, ce qui crée une frustration inutile dans le feu de l’action.
Un hommage vibrant aux animés japonais des années 90
Jack est un Rétrohumain, né dans les années 2070, nostalgique d’une époque qu’il n’a pas connue. Sa mission : gravir Nakamura Plaza pour sauver une influenceuse de deux milliards de followers kidnappée par Mr Bullet, un robot doré particulièrement mégalo. La récompense ? Une paire de sneakers. Tout le second degré de ce jeu se niche là.
Les références culturelles fourmillent. La première cinématique reprend la mythique scène de dérapage d’AKIRA. Les couleurs de la voiture rappellent la moto emblématique du film d’animation. Cyber City Oedo 808, Berserk, Urusei Yatsura, Duke Nukem, Die Hard avec son Nakatomi Plaza revisité en Nakamura Plaza : chaque détail témoigne d’une culture geek profonde. Avec mon expérience de quadra biberonné aux OVA violentes, j’ai souri à chaque référence. Mon fils a demandé pourquoi je souriais. Une belle occasion d’ouvrir quelques discussions.
Le mode VHS, chaudement recommandé, amplifie l’ambiance rétro futuriste flashy. La bande sonore synthwave et pop délirante colle parfaitement à l’ensemble. Le doublage est réussi. Seule ombre : les cinématiques en 3D semblent parfois approximatives, et les visuels de l’influenceuse rappellent par moments des dessins amateurs.
Des robots mégalos et des boss originaux pour pimenter l’ascension
Le bestiaire se compose exclusivement de robots, suffisamment variés pour maintenir l’intérêt. On croise des ennemis classiques armés, des drones tirant des lasers, des araignées, mais aussi des ninjas capables de parer les balles et des robots équipés de bras tronçonneuses. De nouveaux types d’adversaires apparaissent progressivement, chacun imposant une approche différente.
Le reproche principal concerne les ennemis de base, souvent trop statiques et peu réactifs. En revanche, les boss offrent des combats jouissifs et créatifs : l’un se déroule façon RPG au tour par tour, un autre propose une partie de shifumi. Pendant ces phases, la mécanique des dix secondes cède la place à une barre de vie classique. Après chaque boss vaincu, une traversée sans ennemi permet d’appréhender les nouveaux environnements sereinement.
- Étages acides, électriques, inspirés de Ghostrunner pour certains passages.
- Derniers chapitres se déroulant en voiture, avec une séquence en sniper unique dans la campagne.
Les pièges environnementaux se renouvellent tous les dix étages : sols mortels, lasers, obstacles variés. Les environnements ne marquent pas particulièrement les esprits, mais suffisent à maintenir la dynamique.
Une expérience addictive qui ne lâche pas : le verdict du test Xbox
Je me suis retrouvé devant ma console à me dire « encore un niveau » pendant une heure et demie sans m’en rendre compte. La campagne dure entre cinq et huit heures, prolongée par les modes Endless, Weapon Roulette, Happy Foot et Sniper Rush. Le classement en ligne séduira les speedrunners et les amateurs de scoring.
Disponible sur Xbox Series X|S et Xbox One via le Game Pass, avec Smart Delivery et Cloud Gaming, Mullet Mad Jack propose aussi une configuration accessible : processeur 3 GHz, 8 Go de RAM suffisent. La traduction française, ajoutée en bêta via la mise à jour 1.1, est bienvenue parmi les quatorze langues supportées. Le jeu est affiché à 19,99 euros à l’achat, mais son inclusion dans le Game Pass le rend immédiatement accessible.
Si vous cherchez un jeu comparable en termes d’exploration et d’action frénétique, jetez aussi un œil à Revenge of the Savage Planet sur PS5, ou au jeu de plateforme 3D Raccoo Venture pour varier les plaisirs. Malgré quelques défauts mineurs — génération procédurale limitée, ennemis statiques, glissade mal assignée — Mullet Mad Jack tient toutes ses promesses. Surtout : ne désactivez jamais la contrainte des dix secondes. C’est là que réside toute la magie déjantée de ce jeu.
