Certains univers traversent les décennies sans prendre une ride. Turbo Kid fait partie de ces franchises qui m’ont cueilli par surprise, moi qui pensais avoir tout vu côté post-apocalyptique déjanté. Entre le film culte, le jeu vidéo et les comics, cet univers inspiré des années 80/90 mérite qu’on s’y attarde sérieusement. Voici mon tour d’horizon complet d’une franchise qui ne ressemble vraiment à rien d’autre.
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ToggleLe film Turbo Kid : synopsis, univers et réception
Sorti en janvier 2015 au festival de Sundance, ce film canadien et néo-zélandais signé par le trio François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell installe son récit dans un monde post-apocalyptique situé en 1997, après un hiver nucléaire. Le jeune héros, surnommé « Le Kid », survit dans les Terres Désolées en troquant des objets récupérés contre de l’eau, son BMX sous les fesses et des armes de fortune bricolées avec soin.
La rencontre avec Apple, personnage aussi attachant qu’envahissant, bouleverse sa trajectoire. Quand l’antagoniste Zeus la kidnapper, le Kid doit surmonter ses peurs pour devenir un héros malgré lui. L’aventure qui s’ensuit mélange science-fiction, action, gore assumé et humour noir, avec des références évidentes à Mad Max ou Terminator. Le film revendique son ADN série B avec une esthétique kitsch et décalée, des couleurs ternes sublimées par un chaos visuel réjouissant.
Avec une note spectateurs de 3,2 sur 363 votes, la réception reflète une belle surprise pour ceux qui ont tenté l’aventure. Les critiques saluent la fraîcheur apportée au cinéma contemporain et la candeur qui anime les deux protagonistes. Une ode à la nostalgie, à la parodie et à la vie, servie en 1h32 parfaitement dosées.

Casting et bande originale : les atouts du film
Un trio d’acteurs au service du chaos
Munro Chambers incarne Le Kid avec une justesse touchante. Mais c’est Laurence Leboeuf dans le rôle d’Apple qui vole la vedette : épatante, complètement barrée, elle donne une énergie folle à chaque scène. Michael Ironside, lui, campe Zeus avec une présence menaçante parfaitement dosée. Le duo de jeunes personnages fonctionne à merveille, et c’est leur alchimie qui donne son cœur à ce film.
Une bande sonore électronique mémorable
La bande sonore composée par Le Matos utilise une musique électronique typée années 90 qui colle idéalement à l’atmosphère. Les critiques la qualifient d’exceptionnelle, et je comprends pourquoi : elle renforce chaque combat, chaque scène de destruction, chaque moment d’errance dans les décors désertiques. Le film est disponible en streaming sur des plateformes comme Rakuten TV et Amazon Prime Video, ou à l’achat dès 7,99€ via Canal VOD, depuis sa sortie VOD en janvier 2017.

Après le film : les comics qui prolongent l’aventure
L’univers ne s’est pas arrêté au générique de fin. Deux séries de comics ont émergé, rédigées par RKSS et Jeik Dion. La première étudie les aventures oubliées d’Apple, publiée par Behemoth. La seconde se concentre sur Skeletron, le vilain du film, éditée chez Sumerian, anciennement Behemoth. Ces deux éditions restent malheureusement disponibles uniquement en anglais pour l’instant.
Pour les amateurs de bonus, l’univers prend racine dans le court-métrage « T is for Turbo », accessible en 6 minutes dans les extras DVD. Le making-of « Bloody Wasteland » de 24 minutes accompagne également l’édition physique, avec des featurettes thématiques sur le gore, les stunts, les personnages principaux. Si vous appréciez les films à l’atmosphère sombre et à la réalisation audacieuse, ces coulisses valent le détour.

Le jeu vidéo Turbo Kid : présentation et gameplay
Développé et édité par Outerminds Inc., ce jeu québécois est sorti en août sur Nintendo Switch. Il s’agit d’un metroidvania en pixel art mêlant exploration, combat nerveux, BMX et plateformer 2D. L’histoire démarre juste après les événements du film : le Kid chute d’une falaise, se fait voler ses affaires par des bandits, puis est recueilli par Naomi, du village New Hope. Cette dernière devient le fil rouge de la quête dans les Terres Désolées.
Le joueur incarne le Kid ou Apple, débloquer via Kickstarter. L’armement évolue progressivement : yo-yo, machette, Turboglove façon Kamehameha, chocs électriques. Les boulons accumulés améliorent les compétences du personnage. La sauvegarde s’effectue sur des canapés disséminés dans les zones, et les ennemis éliminés ne réapparaissent pas. Cinq mondes distincts composent l’exploration, avec une liberté de progression proche de Megaman.

Direction artistique et bande-son du jeu : une identité visuelle forte
Le pixel art crade et poussiéreux colle parfaitement à l’ambiance désertique. Chaque décor suinte la crasse d’un monde abandonné brûlé par le soleil. Les animations du héros varient entre attaques à la machette, tirs de blaster et figures en BMX. Les nombreuses animations sanglantes de game over rappellent avec plaisir les excès visuels des années 90. Mes fils, fans de jeux qui ne mâchent pas leurs effets, ont été immédiatement séduits.
J’ai apprécié un détail : tomber ne cause aucun dégât, bienvenu dans un jeu où la mort survient souvent. Les cassettes audio à ramasser dans les niveaux contiennent des morceaux de la bande sonore, renforçant l’immersion rétro. Si les ambiances sonores glauques vous parlent, pensez aussi à examiner l’univers de Terrifier, autre franchise qui pousse le gore et l’atmosphère à leur paroxysme.

Test complet du jeu Turbo Kid : points forts et points faibles
La note finale de 3,4 sur 5 reflète un jeu attachant mais imparfait. Voici ce qui penche du bon côté :
- Une histoire prolongeant fidèlement le film, avec des choix narratifs offrant plusieurs parties distinctes
- Un pixel art soigné et des décors magnifiques qui respectent l’univers
- Des PNJ déjantés qui enrichissent le lore avec des anecdotes savoureuses
Mais certaines difficultés viennent tempérer l’enthousiasme :
- La carte des mondes reste trop vague, transformant la liberté d’exploration en errance frustrante
- Les ennemis de base manquent de diversité et rendent le gameplay répétitif
- La maniabilité peu intuitive génère des combats de boss particulièrement irritants
| Critère | Évaluation |
|---|---|
| Histoire | Solide, prolonge bien le film |
| Pixel art et décors | Soignés, très cohérents |
| Gameplay / maniabilité | Innovant mais frustrant |
| Level design | Bancal, carte trop vague |
| Note globale | 3,4 / 5 |
Le flot d’informations et les quêtes secondaires envahissantes perturbent le rythme. Ce metroidvania s’adresse clairement aux fans hardcore de l’univers et aux joueurs qui acceptent de souffrir un peu. Pour les autres, le film seul suffira à combler la nostalgie.
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