Throne and Liberty s’impose comme le MMORPG incontournable de cette fin d’année 2024. Développé par NCsoft et édité par Amazon Games, ce titre ambitieux débarque sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S dans un modèle free-to-play accessible. Après une longue gestation depuis son annonce en 2011, le jeu mise sur des batailles massives épiques, un monde ouvert dynamique et une dimension sociale prononcée. Les promesses sont alléchantes : combats à plusieurs centaines de joueurs, transformations en créatures, événements météorologiques impactant le gameplay. Mais ce nouveau venu dans l’univers des MMO parvient-il réellement à tenir ses engagements ? Entre qualités indéniables et défauts rédhibitoires, notre test complet après plusieurs dizaines d’heures révèle un titre contrasté qui séduira certains tout en rebutant d’autres.
Un système de combat hybride entre tradition et modernité
Le système d’armes et de combos
Throne and Liberty rompt avec les conventions en abandonnant les classes traditionnelles rigides. Le jeu propose sept types d’armes distincts qui définissent votre style : arbalète, dague, grande épée, arc, bâton, épée et bouclier, baguette. Cette approche novatrice permet d’équiper simultanément deux armes pour créer des combinaisons personnalisées inédites. Vous forgez ainsi votre propre identité guerrière selon vos préférences tactiques.
La progression par l’utilisation constitue le cœur du système. Plus vous maniez une arme, plus vous débloquez compétences et sorts associés. Cette mécanique encourage l’expérimentation et récompense la persévérance. Les joueurs peuvent jongler entre différentes configurations selon les situations rencontrées. Même inactive, une arme équipée dans l’un des deux emplacements permet d’exploiter ses capacités spécifiques.
Le gameplay conserve néanmoins la sainte trinité des MMORPG classiques avec les rôles de tank, DPS et soin. Cette structure familière rassure tout en offrant une liberté de personnalisation rarement vue dans le genre. Les combinaisons possibles sont nombreuses :
- Grande épée et bâton pour un combattant polyvalent
- Arc et dague pour une approche furtive
- Épée-bouclier et baguette pour le soutien tanké
- Arbalète et arc pour la DPS à distance pure
Les mécaniques de combat
Le système repose sur un Tab Target nerveux qui surprend par son dynamisme. Contrairement aux apparences, les affrontements dans Solisium ne manquent pas de rythme. Chaque arme dispose d’une compétence défensive unique activable durant quelques secondes, réduisant drastiquement les dégâts encaissés. Avec un timing précis, vous parez les assauts ennemis tout en déclenchant automatiquement une riposte dévastatrice.
Les combos enchaînés constituent l’essence du plaisir de jeu. Les capacités consomment mana ou énergie avec des temps de recharge variables, s’intercalant entre les attaques automatiques déclenchées à portée. Cette gestion des ressources exige anticipation et réactivité lors des confrontations intenses. Les configurations originales révèlent leur efficacité redoutable face aux adversaires.
L’adaptabilité du gameplay brille particulièrement. Que vous préfériez le clavier-souris ou la manette, l’expérience reste fluide et intuitive. Les développeurs ont soigné l’ergonomie pour les consoles next-gen, permettant aux joueurs PlayStation et Xbox de profiter pleinement du titre. Le crossplay entre plateformes renforce cette accessibilité bienvenue.
Les limites du système
Malheureusement, plusieurs problèmes de ciblage viennent ternir l’expérience. Sélectionner une cible précise à la souris relève du parcours du combattant, particulièrement lors des batailles impliquant des dizaines de joueurs simultanément. L’enchaînement via la touche Tab manque cruellement de logique, vous faisant viser des ennemis imprévisibles plutôt que les plus pertinents.
La portée limitée des attaques corps à corps frustre régulièrement. Un adversaire qui s’éloigne devient rapidement intouchable, cassant le rythme des affrontements. Les temps de recharge globalement trop longs alourdissent le gameplay, créant des temps morts désagréables. L’impossibilité de décorréler les raccourcis de blocage et d’esquive complique inutilement les manœuvres défensives sophistiquées.
Le problème d’ergonomie lors du changement d’armes agace profondément. Les barres de sorts conservent les anciennes capacités, obligeant à réorganiser manuellement l’interface après chaque modification. Cette friction ralentit l’adaptation tactique en pleine mission. Plus fondamentalement, l’absence de composante action pure déçoit pour un MMORPG sorti en 2024. Aucun skillshot, aucune attaque de zone manuelle, juste du ciblage automatique parfois approximatif.
Un monde ouvert vivant mais chronophage
Des environnements magnifiques et variés
Visuellement, Throne and Liberty impressionne par sa qualité graphique exceptionnelle. Les environnements de Solisium rivalisent avec les productions AAA les plus ambitieuses. Les vastes plaines verdoyantes, les forêts luxuriantes et les cités grouillantes témoignent d’une direction artistique remarquable. Chaque biome possède son identité propre, des sommets enneigés aux marécages mystérieux.
L’absence totale de temps de chargement constitue une prouesse technique majeure. Le monde se déploie sans couture, permettant une immersion continue. Que vous enchaîniez donjons, événements PvP ou exploration PvE, tout s’enchaîne fluidement dans cet univers persistant. Cette continuité renforce le sentiment de faire partie intégrante d’un écosystème vivant.
La modélisation des personnages et les animations révèlent un budget conséquent. Les effets visuels lors des invocations de sorts éblouissent sans nuire à la lisibilité. L’échelle et la densité du monde permettent à des centaines de joueurs de coexister simultanément sans ralentissements perceptibles. Ressources sur throne and liberty complètent cette expérience immersive. Le support ultra-wide profite aux configurations PC haut de gamme.
Un système de déplacement innovant
Les transformations en animaux bouleversent la mobilité dans les MMORPG. Oubliez les montures classiques : incarnez directement un félin agile pour sprinter, un aigle majestueux pour planer entre les falaises, une loutre véloce dans les cours d’eau. Le loup permet de franchir des passages étroits tandis que le corbeau offre une liberté aérienne totale pour étudier les hauteurs de Solisium.
Le grappin complète ingénieusement ces capacités. Cet outil vous propulse vers les points d’ancrage dispersés dans l’univers, créant une verticalité stimulante. En ville, cette mécanique évoque l’univers d’Attaque des Titans avec ses courses acrobatiques entre les bâtiments. La combinaison transformation-grappin engendre un sentiment de liberté exaltant rarement égalé dans le genre.
Le système de voyage rapide via les pierres de téléportation parachève cette mobilité exemplaire. Judicieusement réparties sur la carte, elles permettent des déplacements quasi instantanés entre les zones d’intérêt. Cette qualité de vie évite les trajets fastidieux qui plombent tant d’autres titres du genre. L’équilibre entre exploration organique et accessibilité pratique séduit immédiatement.
Des événements dynamiques contraignants
La météo influence directement le gameplay de manière fascinante. La pluie renforce les compétences de foudre du bâton, les faisant rebondir sur plusieurs cibles, tandis que les sorts de feu perdent en efficacité. Certaines zones deviennent accessibles uniquement sous des conditions météorologiques spécifiques. Le cycle jour-nuit modifie radicalement les ennemis rencontrés et transforme les donjons ouverts de JcE diurnes en zones JcJ nocturnes périlleuses.
Les événements se déclinent en plusieurs catégories avec leurs spécificités :
- Événements de base pour farmer des ressources contre des monstres
- Événements de guilde avec comptabilisation collective des scores
- Boss mondiaux offrant des récompenses exceptionnelles
- Dominion où trois factions s’affrontent pour des ressources
Malheureusement, cette richesse exige une présence à heures fixes frustrante. Les événements suivent une programmation stricte, obligeant les joueurs à se connecter à des moments précis. Certaines quêtes annexes imposent de participer à ces activités temporaires, ralentissant parfois la progression de manière artificielle. Cette contrainte temporelle exclut de facto les joueurs occasionnels du contenu le plus intéressant.
Les boss mondiaux JcJ déçoivent particulièrement. Les zones minuscules, l’absence de flag JcJ à l’entrée et la possibilité d’entrer-sortir sans limite créent un chaos incompréhensible. Les Dominion se révèlent plus équilibrés grâce à leur échelle réduite et l’attribution aléatoire des factions, mais manquent d’enjeux réels. Seuls les GvG et le trésor du bassin de fonds justifient véritablement l’investissement.
Une monétisation Pay to Win assumée
Le système de Lucent et Sollant
Deux monnaies régissent l’économie de Throne and Liberty. Le Sollant classique s’obtient naturellement en tuant des ennemis et accomplissant des quêtes. Il sert aux améliorations d’équipement, à l’augmentation du niveau des compétences et aux achats auprès des marchands PNJ. Cette devise ne pose aucun problème d’équilibrage.
Le Lucent premium s’achète avec de l’argent réel et constitue le cœur du modèle économique controversé. L’hôtel des ventes permet aux joueurs fortunés d’échanger leurs lucents contre des équipements et matériaux proposés par d’autres joueurs. Ce système crée un marché où les joueurs free-to-play peuvent théoriquement générer des lucents en vendant leurs trouvailles rares.
Impossible d’acheter directement de la puissance dans la boutique officielle. Les joueurs doivent passer par l’hôtel des ventes où leurs lucents enrichissent d’autres joueurs. Seuls les traits d’amélioration se vendent facilement, pas les équipements lootés directement. Les pièces craftées, plus difficiles à obtenir, s’échangent intégralement. Cette limitation ralentit l’acquisition pure et simple du meilleur stuff contre espèces sonnantes.
Battle Pass et progression payante
Les Battle Pass et Leveling Log à dix euros chacun procurent matériaux d’amélioration, livres de progression et cosmétiques exclusifs. La version gratuite du battle pass offre néanmoins des récompenses décentes. En dehors de ces passes, la boutique se limite à des éléments purement esthétiques :
- Skins pour personnages et armes
- Teintures pour customisation avancée
- Parchemins de changement de nom
- Transferts de serveur
Les joueurs peuvent attendre de générer suffisamment de lucents en jeu avant d’acheter les passes, récupérant rétroactivement toutes les récompenses débloquées. Cette flexibilité adoucit légèrement le modèle. Un exemple concret : atteindre 2850 de score d’équipement nécessite environ 3000 lucents soit 60 euros, dont 1000 lucents investis stratégiquement au lancement font une différence considérable.
Les donjons quotidiens permettent de générer des lucents en vendant les traits récupérés. Les contrats de résistance et contrats de donjons ouverts constituent des sources régulières de matériaux. Un joueur assidu peut théoriquement progresser sans dépenser, mais l’investissement temporel devient colossal face à ceux qui sortent leur carte bancaire.
Un déséquilibre assumé
Throne and Liberty assume pleinement son statut de jeu Pay to Win. Cette transparence mérite d’être soulignée mais n’atténue pas le problème fondamental. Dans un titre à forte composante JcJ avec guildes, sièges et batailles massives, permettre l’achat de puissance crée inévitablement un déséquilibre compétitif problématique.
Amazon Games aggrave la situation avec une exploitation technique défaillante. L’hôtel des ventes devient impraticable aux heures de pointe, pénalisant tous les joueurs. Plus grave : les lucents sont partagés entre toutes les régions du compte. De nombreux joueurs créent des personnages sur les serveurs nord-américains plus rentables pour financer leur avatar européen principal, faussant complètement l’économie régionale.
Le fil ténu entre rentabilité et équité penche clairement du mauvais côté. Si les microtransactions cosmétiques ne dérangent personne, permettre d’acheter des améliorations statistiques dans un MMORPG PvP compétitif reste rédhibitoire pour beaucoup. Les joueurs compulsifs risquent de dépenser bien plus qu’ils ne l’anticipaient initialement. L’évolution future de ces pratiques reste incertaine et inquiétante.
Cette monétisation constitue le principal défaut de Throne and Liberty. Elle entache une expérience technique et visuelle par ailleurs remarquable, divisant inévitablement la communauté entre ceux acceptant ce modèle et ceux le rejetant catégoriquement.
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