Test Indiana Jones et le cercle ancien : le grand retour d'Indy en version PS5

Homme au chapeau explorant un paysage verdoyant et brumeux

Quand mes ados m’ont demandé si je comptais tester le nouveau jeu Indiana Jones, j’ai senti monter cette petite flamme nostalgique. Celle qui remonte aux années 80, quand je découvrais pour la première fois Harrison Ford en archéologue baroudeur. Des décennies plus tard, après de nombreuses adaptations vidéoludiques ratées, MachineGames et Bethesda ont relevé un sacré défi : créer une aventure digne de la trilogie originale. Le titre est sorti initialement en décembre 2024 sur Xbox Series X/S et PC, avant de débarquer sur PS5 le 17 avril 2025. Cette version PlayStation profite de tous les correctifs apportés depuis la sortie initiale, mais aussi d’une exploitation optimale de la DualSense qui promet des sensations tactiles fidèles aux films. J’ai plongé dans cette quête avec l’espoir de retrouver ce qui faisait battre mon cœur de gamer quadragénaire devant les péripéties du professeur Jones. Ce test examine les multiples facettes de cette adaptation tant attendue, de sa fidélité à l’univers de Spielberg jusqu’à ses qualités techniques sur console Sony, en passant par ses choix de gameplay audacieux.

Une fidélité exemplaire à l’univers d’Indiana Jones

Le respect que le studio porte à cette licence se ressent dès les premières minutes. Indiana Jones et le Cercle Ancien constitue une véritable lettre d’amour à la franchise, écrite avec une sincérité devenue rare dans l’industrie. L’histoire se déroule en 1937, coincée entre Les Aventuriers de l’Arche Perdue et La Dernière Croisade, suivant Indy après sa séparation douloureuse avec Marion. Le scénario débute au Marshall College où un homme gigantesque assomme notre héros et dérobe une statue de chat momifié, laissant tomber un pendentif frappé du symbole des Archives Secrètes du Vatican.

Cette histoire inédite entraîne le professeur Jones dans une quête mondiale autour du mystérieux Cercle Ancien, une conspiration historique reliant plusieurs sites religieux et spirituels formant un cercle parfait autour du globe. L’antagoniste principal, Emmerich Voss, incarne l’archéologue nazi typique de la franchise, persuadé que ce cercle recèle un pouvoir ancestral. Troy Baker prête sa voix à Indy en version originale avec un talent bluffant d’imitateur du jeune Harrison Ford. Les nazis sont caricaturaux, exactement comme dans les films de Spielberg, avec leurs traits exagérés et leurs plans démesurés.

Les références aux films originaux parsèment chaque recoin du jeu. La scène d’ouverture rejoue l’introduction mythique des Aventuriers de l’Arche Perdue sous forme de rêve tutoriel, avec une réalisation brillante et immersive. Les serpents apparaissent accompagnés de la musique iconique qui fait frissonner tout fan qui se respecte. La salle de classe du Marshall College affiche la fameuse pomme sur le bureau, avec un mot griffonné par une certaine étudiante. Les déguisements rappellent directement le premier film, tandis qu’une scène reprend le moment culte où Indy tire simplement sur un adversaire brandissant une arme blanche.

Chaque cinématique respecte les angles de caméra caractéristiques, les éclairages soignés et les rappels musicaux chers à la saga. La police utilisée pour illustrer les différents lieux provient directement de La Dernière Croisade. On reconnaît instantanément Indy dans ses répliques, avec son humour oscillant entre vannes bien senties et gags visuels frôlant l’absurde. Gina, journaliste italienne rencontrée au Vatican, devient une excellente sidekick créant une dynamique narrative captivante. Le zeste de surnaturel reste dosé avec justesse, sans jamais sombrer dans la surenchère qui avait plombé les quatrième et cinquième films. Cette adaptation représente sans conteste la meilleure transposition vidéoludique d’Indiana Jones jamais réalisée.

Deux silhouettes de dos dans une salle muséale aux chandelles

Un gameplay immersif mêlant exploration et infiltration

Le choix de la vue à la première personne a suscité de nombreux débats avant la sortie. Pourtant, cette perspective subjective couvre 95% du gameplay et ne bascule en troisième personne que lors des phases d’escalade. Ce parti pris renforce considérablement la sensation d’incarner réellement Indiana Jones. Les détails architecturaux se révèlent avec une précision remarquable depuis cette vue immersive. Chaque mécanisme antique prend vie sous nos yeux, chaque rayon de lumière filtrant à travers les ruines devient tangible.

Le gameplay emprunte intelligemment à Hitman World of Assassination pour l’exploration d’environnements réactifs. Le système de déguisements fonctionne à merveille : vous revêtirez la soutane d’un prêtre au Vatican ou la tenue d’un ouvrier égyptien à Gizeh. Ces costumes fonctionnels enrichissent véritablement l’exploration en ouvrant des zones autrement inaccessibles. L’infiltration rappelle Skyrim avec la possibilité de voler des objets discrètement et de se mouvoir furtivement dans l’ombre. Une configuration spécifique s’avère recommandée plutôt que le mode normal par défaut pour profiter pleinement de cette dimension furtive.

La progression repose sur des points d’aventure obtenus en accomplissant divers objectifs ou en photographiant des scènes du quotidien et des monuments remarquables. L’appareil photo joue un rôle absolument central dans cette mécanique. Une icône apparaît dès qu’une photo intéressante mérite d’être prise pour faire avancer l’histoire ou enrichir votre collection personnelle. Chaque cliché rapporte des points précieux pour débloquer de nouvelles compétences. Cette mécanique photographique m’a rappelé ces moments où je m’arrêtais avec mes enfants pour capturer des détails marquants lors de nos sorties culturelles.

L’absence d’arbre de compétences classique surprend au départ. Les capacités s’acquièrent en dénichant des livres d’aventure disséminés dans l’environnement. Ces ouvrages débloquent ou améliorent diverses aptitudes concernant le combat, la santé, la régénération ou l’utilisation des objets. Une fois les carnets trouvés, vous devez dépenser des points de talent pour activer ces compétences. Le processus aurait gagné en fluidité avec une amélioration directe plutôt que de passer par plusieurs menus successifs.

Type de compétence Acquisition Utilité principale
Combat rapproché Livres trouvés Augmente les dégâts des armes de mêlée
Santé Livres trouvés Améliore la résistance aux coups
Photographie Livres achetés Débloque des indices pour les énigmes
Armes à feu Livres trouvés Réduit le temps de rechargement

L’exploration se révèle constamment gratifiante avec des zones semi-ouvertes regorgeant de secrets : mystères locaux, reliques rares, cryptes secrètes truffées de pièges mortels, coffres cachés contenant des trésors ancestraux. Vous pouvez acheter des cartes dans les magasins locaux pour localiser les objets à collectionner. Ces cartes papier se consultent directement dans la main d’Indy, avec un pointeur mobile indiquant votre position actuelle. Le briquet fait son apparition plus tard dans l’aventure pour éclairer les galeries souterraines et résoudre certaines énigmes nécessitant de la lumière. L’aspect immersive sim atteint son apogée au Vatican, véritable terrain de jeu offrant une liberté d’approche exemplaire.

Homme au chapeau armé dans un environnement sombre et mystique

Des combats au corps-à-corps et l’utilisation iconique du fouet

Le système de combat privilégie authentiquement le corps-à-corps et les mains nues, respectant fidèlement l’esprit bagarreur des films originaux. Les armes de mêlée improvisées pullulent dans chaque environnement : casseroles cabossées, instruments de musique exotiques, tapettes à mouches dérisoires, bouteilles de verre, pelles rouillées, marteaux de chantier, poêles en fonte. Chaque objet trouvé dans le décor devient instantanément une arme potentielle et peut être lancé sur un ennemi distant. Cette créativité dans l’utilisation des objets quotidiens m’a rappelé les bagarres mémorables des films où Indy se débrouillait toujours avec les moyens du bord.

La durabilité des armes reste volontairement très limitée, vous obligeant à enchaîner les changements d’équipement. Les armes à feu déçoivent considérablement avec leurs munitions rarissimes et leur rechargement d’une lenteur incroyable. Tirer un coup de feu attire immanquablement d’autres ennemis vers votre position. Les dégâts infligés sont ridiculement faibles : même un tir dans la tête provoque moins de dommages qu’une simple gifle en fin de partie. Le revolver d’Indy doit impérativement rester une solution d’extrême urgence, conformément aux films où notre héros ne dégainait qu’en dernier recours.

Le fouet représente l’outil emblématique qui définit véritablement Indiana Jones. Cette arme multifonction permet de désarmer instantanément les adversaires, de les faire trébucher d’un coup sec au mollet, de les attraper pour les ramener vers vous. Au-delà du combat, le fouet sert à grimper en rappel le long des parois escarpées, à se balancer d’une corniche à l’autre avec l’agilité d’un super-héros, ou à actionner des leviers placés hors de portée. Les sensations procurées par la DualSense sur PS5 sont absolument excellentes : les vibrations haptiques et les gâchettes adaptatives s’activent précisément lors de chaque claquement de fouet.

L’infiltration constitue un élément crucial de la progression, particulièrement durant les premières heures d’aventure. Malheureusement, l’intelligence artificielle pose de sérieux problèmes et représente le principal défaut du jeu selon pratiquement tous les testeurs. Les ennemis font preuve d’une réactivité extrêmement faible et incohérente. Certains soldats nazis ne réagissent absolument pas quand leur collègue s’effondre assommé à deux mètres d’eux. D’autres abandonnent ridiculement leur poursuite après une simple alerte, comme s’ils avaient oublié votre présence. Il devient possible d’assommer furtivement un soldat sans que son camarade posté juste à côté ne se rende compte de quoi que ce soit. Paradoxalement, un soldat éloigné peut vous repérer instantanément si vous dérobez une simple pièce de monnaie.

  • Ennemis ne réagissant pas aux assommages à proximité immédiate
  • Files de nazis venant se faire assommer un par un sans apprendre
  • Abandons de poursuite trop rapides après une alerte sonore
  • Détections aléatoires selon la distance ou l’action effectuée

Ces phases d’infiltration se terminent fréquemment avec des files ininterrompues de nazis qui viennent docilement se faire assommer un par un, vidant complètement la tension dramatique. Cette IA défaillante gâche partiellement l’expérience immersive que le reste du jeu parvient à créer avec brio.

Militaires casqués dans rue sombre, ambiance tensive

Des énigmes variées et un level design inégal

Les énigmes proposées ne se ressemblent jamais et demandent essentiellement une observation minutieuse des environnements. Elles atteignent un niveau de complexité suffisant pour procurer cette satisfaction intense de résoudre un puzzle ancien, sans jamais basculer dans la frustration. Certaines énigmes situées en Thaïlande relèvent le niveau avec des jeux de rouages complexes nécessitant d’visiter chaque recoin de la zone pour comprendre les mécanismes sous-jacents. Même en désactivant toutes les aides proposées, plusieurs puzzles demeurent parfois trop simples pour des joueurs expérimentés.

Un point agaçant concerne les voix off d’Indy qui se parle constamment à lui-même pour souligner des évidences flagrantes. Le jeu semble vouloir s’assurer systématiquement que le joueur a bien repéré un élément important, détruisant partiellement l’immersion. Un silence absolu durant ces phases d’observation aurait considérablement renforcé l’atmosphère contemplative. À l’inverse, la manipulation manuelle de chaque levier, bouton ou clé s’avère particulièrement réussie. Le mouvement du stick directionnel pour actionner ces mécanismes renforce merveilleusement l’impression de manipuler physiquement chaque dispositif antique.

Le level design présente une grande variété mais souffre d’une qualité inégale selon les destinations visitées. Le Vatican est systématiquement cité comme une immense leçon de conception exemplaire. L’intelligence déployée dans la disposition des couloirs, des secrets dissimulés et des recoins cachés atteint un niveau remarquable. Cet environnement constitue véritablement le sommet du jeu en termes de liberté d’approche et de verticalité. Les régions suivantes restent correctes sans jamais égaler cette excellence initiale. La qualité subit des variations étonnantes d’une destination à l’autre, comme si différentes équipes avaient travaillé indépendamment.

La philosophie de conception s’inspire largement de Dishonored avec des chemins alternatifs parsemant chaque niveau. Plusieurs manières de progresser s’offrent constamment à vous, certaines nécessitant de débloquer des passages secrets. Il devient possible de terminer certains niveaux sans aucun contact avec les ennemis, privilégiant l’approche fantôme. Cette liberté tactique satisfait pleinement les joueurs recherchant différentes approches pour chaque mission.

Destination Type d’environnement Qualité du level design
Vatican Semi-ouvert Exemplaire et référence du jeu
Gizeh Ouvert Correct mais aurait mérité vue troisième personne
Sukhothaï Jungle dense Bon avec énigmes complexes
Himalaya Linéaire Efficace mais perd aspect immersive sim

Gizeh, bien que loin d’être raté, aurait considérablement gagné avec une vue en troisième personne optionnelle. Contrairement aux environnements fermés et structurés, ce décor ouvert rend l’exploration parfois confuse avec des détours inutiles. La carte intégrée dans le carnet d’Indy n’est pas toujours pratique et occupe une bonne partie de l’écran lorsque vous marchez. Une vue objective aurait permis une meilleure perception spatiale et fluidifié l’expérience exploratoire. Vers la fin, le jeu se referme progressivement en proposant une aventure nettement plus linéaire. Ce resserrement du gameplay présente un double tranchant : positif pour maintenir un rythme soutenu jusqu’au dénouement, mais négatif car on perd complètement l’aspect immersive sim découvert et apprécié au Vatican.

Anciennes pyramides égyptiennes dans un désert doré

Une réalisation technique solide sur PS5 et PS5 Pro

Le rendu graphique constitue une véritable réussite malgré quelques plans discutables et approximations visuelles. Le travail accompli sur les éclairages et les détails environnementaux surprend agréablement. Les environnements débordent de détails visuels et narratifs : chaque lieu possède sa propre identité marquée. La jungle dense de Sukhothaï contraste radicalement avec les ruines sculptées de Gizeh, tandis que les bibliothèques souterraines du Vatican se distinguent nettement des camps militaires glacés de l’Himalaya. La direction artistique fait véritablement des merveilles en créant cette diversité visuelle captivante.

Le travail central sur la lumière mérite une attention particulière. Les torches vacillantes projettent des ombres mouvantes sur les parois millénaires. Les puits de lumière naturelle créent des rais spectaculaires traversant la poussière en suspension. Les réflexions subtiles sur les artefacts dorés attirent instantanément le regard. Les rayons du soleil filtrant à travers les branches de la jungle ou les parois fissurées des catacombes produisent des tableaux visuels mémorables. La gestion du feu atteint un niveau particulièrement impressionnant avec des flammes réalistes et une propagation crédible.

Les modèles des personnages secondaires représentent malheureusement le parent pauvre de la réalisation. Les animations faciales manquent cruellement d’expressions naturelles, donnant aux visages un aspect trop figé et cireux. Les textures peinent parfois à rendre justice aux émotions véhiculées par les excellents doublages. La synchro labiale rate complètement sa cible, créant un décalage perturbant entre les mouvements de bouche et les paroles prononcées. Heureusement, la modélisation d’Harrison Ford et de Tony Todd échappe globalement à ces défauts.

Sur PS5 standard, le portage se révèle similaire voire quasiment identique à la version Xbox Series X. Le framerate tient solidement les 60 images par seconde en toutes circonstances, avec quelques chutes occasionnelles durant certaines cinématiques chargées. La résolution utilise un upscaling dynamique plutôt qu’une 4K native. Toutes les améliorations apportées par les différents patchs successifs sont disponibles dès le lancement, incluant le contenu gratuit récent avec deux nouveaux Livres d’aventure de la mise à jour 4.

L’implémentation de la DualSense se montre correcte sans atteindre l’excellence. Le retour haptique et les gâchettes adaptatives s’activent pour les armes, le fouet iconique, l’escalade périlleuse, la tyrolienne vertigineuse et les coups de poing rageurs. Les LED s’illuminent en rouge lorsque Indy est blessé ou activement recherché par les ennemis. On aurait toutefois apprécié davantage de nuance et d’intensité pour mieux différencier les sensations entre une casserole et un marteau. Mes enfants ont particulièrement apprécié ces vibrations lors des séquences de fouet, comparant la sensation à celle d’un véritable Indiana Jones entre leurs mains.

  1. Attention importante pour la version physique PS5 : sur les 125 Go à installer, seuls 20 Go proviennent du disque
  2. Le reste des données doit obligatoirement être téléchargé depuis les serveurs
  3. Absence inexplicable de VOSTFR dans les menus malgré l’option pour télécharger l’audio anglais

Sur PS5 Pro, le jeu exploite pleinement le CPU et GPU avancés pour proposer un framerate verrouillé à 60 fps, un ray-tracing avancé et une résolution 4K native contrairement à l’upscaling dynamique de la PS5 standard. Cette version console représente techniquement l’aboutissement le plus poussé du titre. Les arrière-plans semblent légèrement plus nets qu’en version Xbox Series X, avec un contraste accru produisant des noirs plus profonds et un rendu global plus contrasté. Ces différences demandent pourtant un sens aigu de l’observation et une comparaison directe pour être véritablement perçues. Plusieurs testeurs jugent que la PS5 Pro manque cruellement de folie démonstrative, le studio ayant apparemment fait le strict minimum sans vraiment confirmer l’optimisation annoncée en grande pompe.

Console PlayStation blanche élégante avec éclairage ambré

Une bande-son sublime et un doublage remarquable

La bande-son s’avère sublime et d’une qualité audio exceptionnelle. Bien que John Williams n’ait pas signé ces compositions originales, la musique s’inspire très fortement de son style reconnaissable et accompagne parfaitement chaque séquence du jeu. Le thème musical emblématique résonne régulièrement aux moments opportuns, déclenchant instantanément cette vague nostalgique caractéristique. Les violons s’emballent lors des poursuites effrénées tandis que les cuivres solennels soulignent les découvertes archéologiques majeures.

Les sons d’ambiance contribuent massivement à l’immersion totale dans chaque environnement traversé. Les craquements sinistres des planchers vermoulus vous mettent en alerte dans les tombeaux abandonnés. Les bruissements incessants d’insectes invisibles créent une tension palpable dans la jungle oppressante. Le vent qui siffle dans les cavernes profondes ajoute une dimension sonore inquiétante. Les claquements caractéristiques du fouet résonnent avec une précision satisfaisante. Les sons mécaniques des pièges ancestraux et des portes dérobées qui coulissent renforcent la crédibilité des environnements analysés.

En version française, Richard Darbois livre une performance absolument remarquable. Cette voix française officielle d’Indiana Jones depuis La Dernière Croisade et doubleur habituel d’Harrison Ford constitue une véritable madeleine de Proust pour toute une génération de fans. Sa participation représente un bonheur immense qui transporte immédiatement dans l’univers cinématographique original. Personnellement, entendre sa voix familière m’a ramené trente ans en arrière, quand je regardais ces films en VHS avec mes parents. D’un autre côté, son timbre vocal trahit inévitablement le poids des années écoulées, créant un léger décalage entre la tête rajeunie du personnage à l’écran et cette voix plus âgée. Ce contraste reste néanmoins acceptable tant la performance demeure convaincante.

En version originale, Troy Baker joue brillamment l’imitateur du jeune Harrison Ford avec un talent bluffant. Sa prestation vocale capture parfaitement les intonations, les hésitations caractéristiques et ce petit sourire en coin qu’on devine dans la voix. Les autres comédiens donnent remarquablement la réplique, avec des voix de PNJ contribuant activement à l’immersion globale. Les dialogues sont ciselés avec soin, oscillant entre répliques drôles et échanges tendus, toujours naturels et portés par une mise en scène cinématographique de haute qualité. L’humour reste très fidèle à l’esprit des films sans jamais forcer les vannes ou tomber dans la parodie facile.

Les lieux étudiés présentent une variété remarquable avec leur propre identité graphique distinctive. Le Vatican et son château Saint Ange offrent des architectures religieuses majestueuses baignées de lumière divine. Gizeh plonge dans l’Égypte ancienne avec ses pyramides iconiques et ses tombeaux poussiéreux. La jungle luxuriante de Sukhothaï en Thaïlande contraste radicalement avec les étendues arides précédentes. Le Pérou dévoile des ruines incas vertigineuses tandis que le Japon apporte une touche orientale inattendue. Un bateau échoué au sommet de l’Himalaya constitue l’un des décors les plus mémorables et improbables.

Les cut-scenes représentent un régal absolu pour les fans inconditionnels avec leurs nombreuses références subtiles parsemées. Certaines cinématiques se déclenchent également lors des quêtes secondaires, apportant des informations riches sur le monde et enrichissant considérablement la narration. Le jeu parvient à trouver un équilibre satisfaisant dans son rythme et sa narration, rappelant clairement celui de la trilogie originale. Certaines phases manquent parfois d’un petit supplément de punch, mais cette retenue reste fidèle aux films originaux qui alternaient action explosive et exploration contemplative.

Vue d'un château gothique surplombant une ville brumeuse au coucher du soleil

Un contenu généreux et une durée de vie confortable

Pour terminer l’aventure principale, comptez environ une vingtaine d’heures de jeu effectif, avec des variations entre 10 et 20 heures selon votre rythme et votre approche. Se contenter strictement de l’histoire principale reviendrait malheureusement à passer complètement à côté de quêtes secondaires véritablement intéressantes et bien écrites. Ces missions annexes ne constituent absolument pas du remplissage paresseux mais apportent une réelle profondeur narrative et contextuelle. Pour les complétionnistes souhaitant atteindre les 100% en cherchant chaque recoin, résolvant toutes les énigmes disponibles et profitant des innombrables références disséminées, il faut compter environ 40 à 45 heures investies. Cette durée de vie généreuse apparaît tout à fait raisonnable pour un jeu d’aventure narratif de ce calibre.

Le contenu proposé inclut des quêtes secondaires substantielles dans chaque environnement semi-ouvert visité. Ces missions annexes sont loin d’être anecdotiques et méritent sincèrement l’attention. Gizeh propose notamment plusieurs grosses quêtes optionnelles enrichissant considérablement l’expérience égyptienne. Malheureusement, l’interface de gestion des quêtes manque cruellement d’intuitivité. Les missions terminées continuent d’encombrer la liste active sans disparaître clairement. Un seul objectif peut être activé simultanément, ce qui fait négliger certaines quêtes parfaitement réalisables en même temps lors de vos déplacements.

Le carnet d’Indy archive automatiquement une quantité impressionnante de documents collectés : notes de terrain griffonnées, photographies prises, lettres interceptées, extraits de journaux d’époque, rapports militaires confidentiels, carnets de terrain abandonnés et objets culturels remarquables. Ces documents servent fréquemment à résoudre des énigmes spécifiques ou à débloquer des indices absolument nécessaires à la progression. Personnellement, j’ai adoré feuilleter ce carnet avec mon fils aîné pour décrypter certains mystères particulièrement retors. L’inventaire lié à l’appareil photo manque parfois de clarté organisationnelle, causant des pertes de temps frustrantes pour retrouver un cliché précis pris plusieurs heures auparavant.

Le DLC L’Ordre des Géants est sorti en septembre 2025, donnant accès à une nouvelle quête accessible depuis le Vatican via le père Ricci assez rapidement dans l’aventure. Indiana Jones doit dénicher un artefact ancien et se retrouve confronté à une mystérieuse société secrète suivant les traces du culte de Mithra, secte antique aux rituels obscurs. L’exploration se déroule sur les rives pittoresques du Tibre et dans les souterrains obscurs et inquiétants de Rome. Comptez entre 4 et 5 heures pour boucler cette mission annexe au prix de 20 euros. L’ambiance adopte un ton nettement plus sombre, proche de celle du Temple Maudit avec des disciples d’une secte vraiment flippante. Le gameplay reste fidèlement identique sans évolution majeure des mécaniques.

Des bugs mineurs ont été signalés sporadiquement : retours bureau intempestifs sur PC, console s’éteignant occasionnellement sur Xbox durant les premières semaines, bugs d’affichage passagers, textures mettant quelques secondes à charger complètement, freezes extrêmement rares, collisions hasardeuses avec certains éléments du décor, dialogues se déclenchant inopinément sans raison apparente, objectifs devenant moins clairs vers la toute fin de l’aventure. Les anomalies se sont multipliées en approchant du dénouement final, comme si le polissage avait été moins minutieux. Globalement, aucun bug véritablement majeur bloquant la progression n’est rapporté après l’application des correctifs successifs sur PS5.

Le rapport qualité/prix demeure correct avec une édition simple proposée à 79,99 euros et une édition Premium affichée à 109,99 euros incluant le DLC et des costumes supplémentaires. Certains marchands proposent occasionnellement le jeu entre 49,99 et 199,99 euros selon l’édition, la plateforme et les éventuels bonus physiques. Pour une aventure offrant entre 20 et 45 heures de contenu de qualité, l’investissement se justifie largement pour les amateurs du genre. Ce test terminé, mes enfants et moi avons déjà prévu une soirée film pour revisiter la trilogie originale, preuve que le jeu a parfaitement rempli sa mission nostalgique.

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