Quand j’ai lancé Akimbot pour la première fois, j’avoue avoir ressenti cette petite excitation familière. Celle que je partage souvent avec mes ados lorsqu’on découvre un titre qui promet de raviver les sensations de ma jeunesse gaming. Développé par Evil Raptor, un studio indépendant français basé à Lyon et composé de huit passionnés, ce jeu d’action-plateforme représente leur second projet après Pumpkin Jack. Sorti le 29 août 2024 au tarif accessible de 19,99 euros, Akimbot se pose comme un hommage assumé aux classiques qui ont marqué l’ère PS2, notamment Ratchet & Clank et Jak & Daxter. L’histoire nous plonge dans les péripéties d’Exe, mercenaire robot bougon spécialisé dans le piratage, et Shipset, drone bavard autoproclamé IA la plus évoluée jamais conçue. Ces deux personnages robotiques se retrouvent forcés de collaborer après leur enlèvement par une mafia galactique, leur évasion les menant vers une quête pour sauver l’univers des griffes d’Evilware, intelligence artificielle corrompue convoitant un mystérieux artefact. Malgré des défauts techniques persistants et un gameplay imparfait, cette production propose une expérience divertissante portée par son humour léger et sa variété. J’ai voulu comprendre si ce titre méritait l’attention des amateurs du genre.
Le titre adopte une structure linéaire composée de 14 niveaux mêlant phases de plateforme en 3D et séquences de tir à la troisième personne. Les mécaniques de déplacement d’Exe incluent la course, le double saut, un dash utile pour traverser rapidement l’environnement, un grappin contextuel et la possibilité de courir contre les murs. Le système d’armement se divise entre trois armes standard fonctionnant avec une barre de surchauffe (fusil d’assaut polyvalent, fusil sniper et minigun) et quatre armes spéciales débloquables via les boutiques du marché noir, alimentées par l’énergie récupérée en battant les adversaires. La récupération de Botcoins dans les caisses destructibles permet d’acquérir ces améliorations, bien que les prix élevés obligent souvent à des choix.
J’ai rapidement constaté des problèmes de calibrage dans les combats. Le comportement des ennemis anticipe systématiquement les déplacements du joueur, créant une sensation de survie permanente plutôt qu’une véritable maîtrise. En difficulté standard, certaines vagues d’adversaires peuvent rapidement tourner au cauchemar si l’élimination n’est pas rapide. Cette approche limite la satisfaction ressentie après avoir remporté un affrontement intense, contrairement aux sensations procurées par les références du genre. Les freezes lors des sauvegardes automatiques amplifient cette frustration, provoquant parfois des erreurs de timing fatales. Heureusement, les boss proposent un challenge mieux dosé avec une approche variée, apportant un vrai plus à l’aventure.
La vitesse de déplacement d’Exe semble parfois décalée avec son environnement, particulièrement face aux pièges fréquents où la fenêtre de réaction reste étroite. Avec mon fils aîné, on a souvent plaisanté sur le fait qu’une simple touche de sprint aurait grandement amélioré notre confort. Le jeu propose trois modes de difficulté : Undervoltée (facile avec régénération de vie), Par défaut, et Overclockée (difficile avec une barre de vie fondant rapidement). Cette accessibilité permet aux familles de partager l’expérience sans contrainte excessive.
Le titre multiplie les séquences diversifiées pour renouveler constamment l’expérience. On alterne entre pilotage de véhicules variés (bateaux, tout-terrain, même un T-Rex robotique), shoot’em up spatial, maniement de canons anti-aériens, phases d’infiltration et mini-jeux avec Shipset évoquant Flappy Bird ou Street Fighter. Cette volonté de varier les plaisirs témoigne de l’ambition du développeur, même si toutes ne se valent pas.
- La conduite des véhicules souffre d’une physique particulière avec une imprécision pénalisante lors des passages boostés, rendant complexe la gestion simultanée des actions.
- Les séquences spatiales comportent des temps morts entre les vagues, avec des phases de vol traînant parfois inutilement.
- Certains passages obligatoires comme le tir aux canons s’éternisent pendant près de deux minutes dans une monotonie pesante.
Les mini-jeux de piratage obligatoires pour progresser incluent bonneteau, version du Snake, QTE et séquences de touches. Simples et sympathiques individuellement, leur répétition excessive finit par lasser. Un soir, ma fille m’a fait remarquer que ces énigmes rappelaient les passages bonus de Sonic CD, mais en moins excitant. Les énigmes environnementales restent intuitives, jamais redoutables, adaptées au jeune public mais manquant de profondeur.
La direction artistique colorée développée sous Unreal Engine rappelle immédiatement l’ère PS2-PS3. Les environnements variés alternent entre mondes lumineux et zones sombres, l’univers futuriste peuplé de robots et machines offrant des planètes aux atmosphères uniques. Certaines intègrent même des mécaniques de gameplay, comme la planète glacée où s’éloigner des sources de chaleur fait perdre progressivement de la vie. Cette richesse visuelle impressionne pour une équipe de huit personnes.
Par contre, les décors font parfois vide, manquant de détails et créant une impression de longueur artificielle. Surtout, les problèmes techniques majeurs au lancement ont sérieusement entaché l’expérience. J’ai personnellement dû abandonner ma première session face au tearing constant, aux freezes répétitifs lors des sauvegardes et aux chutes de framerate importantes. Après consultation d’autres joueurs, tous rapportaient des soucis identiques. Même après quatre correctifs, des freezes subsistent et les phases d’action restent gâchées par ces défaillances techniques. Il faut espérer que de futurs patchs résolvent définitivement ces problèmes, car ils ternissent une réalisation artistique par ailleurs réussie. Rappelons qu’Evil Raptor compte huit membres, leurs efforts méritent reconnaissance malgré ces déboires.
Le titre cherche à recréer la légèreté caractéristique de l’époque PS2 à travers un humour omniprésent. Le vocabulaire informatique parsème les dialogues avec des répliques comme « Loué soit Internet » ou l’osé « Il me casse les douilles ». Les jeux de mots fonctionnent généralement bien, accompagnés de références à d’autres productions comme Pumpkin Jack. Une séquence parodie brillamment les clichés vidéoludiques avec missions de rassemblement de troupeau, bris du quatrième mur et niveau complètement déjanté témoignant du plaisir de l’équipe. Les trois vendeurs du marché noir, avec leur doublage évoquant les films comme Machete, abreuvent de fausses promotions amusantes.
- Le casting vocal français impressionne : Bruno Magne, Benjamin Bollen, Stéphane Ronchewski (voix officielle du Joker), et Pierre-François Pistorio qui interprète brillamment le déjanté Shipset.
- Les musiques électroniques de Telurik, diversifiées et dynamiques, évoquent immédiatement l’esprit Jak & Daxter tout en maintenant l’énergie constante.
Néanmoins, le duo Exe-Shipset peine à créer l’alchimie magique d’un Jak-Daxter ou Ratchet-Clank. Exe reste trop bougon, constamment en désaccord, tandis que Shipset agace par son bavardage incessant. Malgré tout, ce ton assumé de film de série Z fonctionne, particulièrement auprès du public jeune et familial recherchant une aventure accessible sans prise de tête.
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