J’ai découvert Mika and the Witch’s Mountain lors de sa sortie officielle en janvier 2025, et je dois avouer que ce titre du studio espagnol Chibig m’a immédiatement rappelé ces soirées où je regarde Kiki la petite sorcière avec mes adolescents. La campagne Kickstarter avait récolté plus d’un million d’euros en 2023, signe que je n’étais pas le seul à ressentir cette attirance pour un univers de livraison à balai. Après cinq mois d’accès anticipé ayant permis d’affiner l’expérience, le jeu est disponible sur Switch et autres consoles pour 19,99 euros. Cette aventure zen et colorée promet de transporter les joueurs dans un monde enchanteur sans combats ni violence. Je vous propose un test complet pour déterminer si ce titre mérite votre attention et comment l’acquérir facilement sur l’eShop.
Sommaire
ToggleUne aventure de livraison dans un univers enchanteur
Mika rêve d’intégrer l’école de sorcellerie perchée au sommet du mont Gaun, là où enseigne la redoutable Olagari. Déposée par sa mère avec une lettre de recommandation et tout son matériel, notre jeune apprentie s’attend à débuter son apprentissage immédiatement. Mais la vieille sorcière juge qu’il est trop tôt et décide de tester Mika en la jetant littéralement du haut de la montagne comme première épreuve. Si l’héroïne s’en sort indemne, son balai se brise lors de la chute brutale.
Atterrissant sur l’île d’Orilla située au pied du mont, Mika rencontre Allegra, une experte en réparations qui accepte de rafistoler le balai endommagé. Malheureusement, les réparations basiques ne suffisent pas pour retourner au sommet. Allegra propose alors d’améliorer progressivement l’équipement contre de l’argent sonnant et trébuchant. C’est Greff, responsable d’Amazing Deliveries, qui offre du travail à notre apprentie.
L’aventure se déroule sur quatre journées de livraison intensive, chaque jour permettant d’améliorer le balai et d’étudier de nouvelles zones verticales. Les studios Chibig ont glissé des personnages de leurs précédents jeux comme Koa ou Brram, créant ainsi un univers interconnecté. L’ambiance reste résolument bienveillante : Mika rend service aux habitants sans jamais les blesser. Chaque personnage possède sa propre histoire à découvrir à travers des dialogues empreints de douceur. Cette philosophie zen m’a particulièrement touché, surtout quand mes enfants regardaient par-dessus mon épaule, captivés par cette approche non-violente du jeu vidéo.

La prise en main et le système de progression
Le game design repose sur des mécaniques simples mais qui demandent une certaine adaptation. En appuyant sur Y, Mika enfourche son balai et décolle légèrement du sol. Impossible de voler librement à haute altitude : le balai est naturellement attiré vers le bas. Pour prendre de l’altitude, il faut repérer et utiliser les nombreux courants d’air ascendants disséminés sur l’île. La jeune sorcière peut aussi se déplacer à pieds, mais le balai reste indispensable pour parcourir efficacement Orilla.
Les livraisons présentent différentes contraintes qui corsent les missions. Certains colis ne doivent surtout pas être cassés lors du trajet, d’autres doivent absolument rester au sec, quelques-uns imposent des délais stricts. Si vous échouez, l’objet réapparaît magiquement à son point de départ pour une nouvelle tentative. Le système de notation des clients utilise des tampons colorés : vert pour une livraison parfaite, orange en cas de petit souci, rouge si le client n’est pas satisfait. Ces tampons s’accumulent sur votre carte de livraison et déterminent votre rémunération en fin de journée.
| Type de contrainte | Description | Difficulté |
|---|---|---|
| Colis fragile | Ne doit subir aucun choc | Moyenne |
| Objet hydrophobe | À protéger de l’eau absolument | Élevée |
| Livraison chronométrée | Délai strict à respecter | Variable |
Allegra propose des améliorations progressives du balai permettant de porter plusieurs objets simultanément et d’atteindre des zones plus élevées. Je dois par contre aborder franchement les problèmes de maniabilité régulièrement critiqués. S’arrêter précisément à un endroit demande plusieurs tentatives. Les règles de vol restent parfois floues : normalement impossible de gagner de l’altitude librement, on y parvient pourtant en percutant certains éléments du décor. La caméra se contrôle librement pour observer l’environnement, tandis qu’une carte consultable aide à se repérer et localiser les clients.

Exploration et quêtes secondaires sur l’île d’Orilla
L’île d’Orilla constitue un terrain de jeu relativement compact qu’on parcourt en trois minutes sans vraiment chercher la verticalité. Cette petite taille pourrait décevoir, mais le monde regorge d’activités annexes et de secrets qui enrichissent l’expérience. Les 16 livraisons mystères constituent un premier défi : il faut retrouver les propriétaires d’objets perdus grâce aux descriptions fournies. Ces objets ne se trouvent pas facilement et demandent une exploration minutieuse des moindres recoins.
Le système de collection des statuettes Napopo offre une centaine d’éléments à dénicher, échangeables contre des porte-clés et de nouvelles tenues pour personnaliser Mika. Ce système de personnalisation de la sorcière passe également par les cartes de tarot cachées dans des pots géants. Pour les détruire, il faut prendre de la hauteur et plonger violemment dessus, ce qui n’est pas toujours évident avec les mécaniques de vol capricieuses.
- Des traînées cosmétiques pour le balai créant de jolis effets floraux
- Des sphères d’énergie à placer sur des mécanismes pour activer flux d’air et catapultes
- La possibilité de nourrir tous les chats de l’île et de caresser un chien
La mise à jour de décembre 2024 a ajouté la pêche avec huit espèces à capturer pour remplir un immense aquarium. Il faut récupérer un bocal et plonger sur le poisson au moment où il sort la tête de l’eau. Cette activité offre un nouveau trophée et quelques Napopo supplémentaires. Ces quêtes secondaires permettent d’allonger légèrement une durée de vie principale assez courte, ce qui reste le principal reproche adressé au titre. Comme dans Disney Dreamlight Valley avec ses recettes à découvrir, la collecte d’objets et la réalisation d’objectifs annexes deviennent vite addictives.

Direction artistique inspirée de Ghibli et Wind Waker
La direction artistique mêle habilement 3D et 2D avec des cinématiques dessinées sublimes et des assets en deux dimensions dans les menus et dialogues. Le rendu cell shading rappelle immédiatement The Legend of Zelda : The Wind Waker, et l’ensemble fonctionne remarquablement bien en mode portable comme sur grand écran. La palette de couleurs chatoyantes rend agréable la découverte d’Orilla malgré des environnements parfois un peu génériques.
Les développeurs ont réalisé des progrès visuels notables par rapport à la démo disponible sur l’eShop, avec moins de flou et une meilleure définition d’image. Le moteur 3D reste simple mais tourne correctement à 30 images par seconde. L’introduction propose une petite animation muette qui pose l’ambiance générale du titre. Si les personnages bénéficient d’un style artistique réussi, les environnements auraient mérité plus de détails et de variété.
- Une bande-son excellente composée par Adrián Berenguer
- Des musiques cinématographiques et poétiques qui subliment l’ambiance
- Des thèmes reprenant les anciens jeux du studio
La bande-son mérite des éloges particuliers. Adrián Berenguer, déjà présent sur les précédentes productions de Chibig, livre une partition cinématographique qui sublime chaque instant passé à analyser l’île. Ces mélodies douces et poétiques accompagnent parfaitement les sessions de jeu relaxantes. On peut se laisser bercer par ces compositions pendant les excursions aériennes autour d’Orilla. Je signale d’un autre côté quelques bugs audio : les musiques ne bouclent pas correctement et se relancent seulement après avoir atteint un autre secteur de l’île. L’ensemble de cette direction artistique évoque fortement Ghibli, particulièrement Kiki la petite sorcière, avec cette même douceur visuelle et narrative.

Contenu additionnel et rapport qualité-prix
Je dois aborder franchement la question de la durée de vie, principal défaut du titre. Comptez 3 à 4 heures pour l’histoire principale et 5 à 6 heures pour une complétion partielle. Une dizaine d’heures reste nécessaire pour débloquer les 35 trophées disponibles, ce qui reste modeste pour un jeu vendu 19,99 euros.
La mise à jour « Into the Mont Gaun » sortie en mars 2025 enrichit considérablement le contenu avec trois donjons thématiques. Le temple de l’eau nécessite de faire varier le niveau pour progresser, celui du feu demande de transporter une braise en la protégeant de l’humidité, tandis que le dernier se concentre sur la maîtrise des courants aériens. Ces temples se révèlent assez longs avec des défis mettant à l’épreuve votre maîtrise du vol, même si la difficulté reste accessible aux joueurs aguerris.
Chaque temple cache quatre statuettes permettant d’obtenir le costume de la Sorcière Verte qui autorise le vol vertical illimité. Les courses Churro Express et la mini-carte ont également été ajoutées suite aux retours de la communauté durant l’accès anticipé. Cette mini-carte visible en jeu a d’abord été refusée par les développeurs avant d’être intégrée, bien que son implémentation reste discutable.
- Prix de 19,99 euros sur l’eShop
- Disponibilité sur PC, Xbox et PlayStation
- Quelques problèmes techniques mineurs avec les Joy-Con
Je signale quelques soucis techniques mineurs comme la désynchronisation des manettes après mise en veille et des éléments non traduits en français. Le rapport qualité-prix reste correct pour les amateurs d’expériences zen et relaxantes, malgré une aventure principale courte compensée par du contenu gratuit post-lancement. Le prochain projet du studio, Elusive, promet de mettre en scène une jeune aventurière vivant cachée dans les maisons humaines.
