J’ai découvert How 2 Escape lors d’une soirée familiale où mes ados cherchaient une nouvelle expérience à partager. Ce titre développé par Breakfirst Games s’est imposé depuis août 2023 sur toutes les plateformes principales : PC via Steam, Nintendo Switch, PlayStation 4 et 5, ainsi que Xbox One et Series. Au tarif de 14,99€, ce jeu propose une approche originale basée sur la coopération asymétrique entre deux joueurs utilisant des périphériques distincts. L’un incarne Emy, prisonnière dans un train piégé, tandis que l’autre joue Johann via une application compagnon gratuite. La communication constitue le cœur même du gameplay, ce qui m’a immédiatement séduit. Je vous propose ce test complet pour vous aider à déterminer si cet escape game mérite votre attention.
Sommaire
ToggleUn gameplay coopératif unique basé sur deux écrans
Le principe repose sur une asymétrie fascinante où le premier joueur visite l’environnement en 3D en incarnant Emy, coincée dans ce train hostile. Son rôle consiste à naviguer wagon après wagon, interagir avec divers objets, ouvrir tiroirs et placards, manipuler des machines à énigmes. J’ai particulièrement apprécié cette sensation d’exploration même si les espaces restent confinés. Le second joueur utilise gratuitement l’application compagnon disponible sur iOS, Android ou PC pour incarner Johann qui accède aux informations via son smartphone : notes manuscrites, SMS énigmatiques, enregistrements audio, carnets détaillés, schémas complexes et photographies.
La communication entre les deux participants constitue véritablement l’essence du jeu. Chaque énigme exige la mise en commun des informations respectives, créant une dynamique d’échange constante. Aucune connexion Internet n’est nécessaire, ce qui facilite grandement l’organisation. La règle principale impose de ne jamais regarder l’écran de l’autre pour préserver cette asymétrie qui fait tout le charme de l’expérience. Mes enfants et moi avons passé plusieurs soirées à échanger nos découvertes sans jamais tricher.
Une structure de jeu progressive en sept wagons chronométrés
Le voyage comprend sept wagons au total avec le premier, baptisé Cargaison, servant de tutoriel sans limite de temps. Cette initiation permet de comprendre les mécaniques avant d’affronter les six wagons chronométrés suivants. Le Salon vous accorde 45 minutes, les Couchettes également 45 minutes, les Machines 50 minutes, la Cuisine 49 minutes. Le Bureau nécessite 75 minutes tandis que la Locomotive finale réclame 2h15 de concentration intense. Chaque wagon contient entre trois et quatre énigmes parfois divisées en plusieurs étapes successives.
Les salles sont décrites comme très petites avec peu d’éléments interactifs, ce qui facilite la concentration. J’ai remarqué que chaque wagon possède un piège unique qui ajoute de la tension. Dans le wagon Couchettes, la température baisse progressivement tandis que la visibilité d’Emy se détériore après une demi-heure. La neige tombe par intermittence et le sol se recouvre de givre, créant une atmosphère oppressante. Ces contraintes environnementales renforcent l’urgence de résoudre rapidement les puzzles pour échapper à ces conditions hostiles.
Des énigmes variées exigeant communication et réflexion
La diversité des énigmes proposées impressionne réellement. Le jeu des sept différences demande à Johann de comparer une photographie avec ce que voit Emy en temps réel. Le code César utilise un cadran rotatif avec les vingt-six lettres de l’alphabet, rappelant les techniques de cryptographie classiques. Le morse s’identifie via des sons courts et longs émis par divers objets comme téléphones, radios, gramophones ou lampes. Ces mécaniques de communication asymétrique créent des moments de tension formidables.
Les énigmes musicales avec piano et partitions exigent qu’Emy reproduise des mélodies pendant que Johann identifie les compositions. La chimie et le tableau de Mendeleïev permettent d’identifier des composants via leurs numéros atomiques pour réparer des machines en panne. Les circuits électriques se réparent selon les couleurs des câbles tandis que les nonogrames génèrent des chiffres colorés. J’ai particulièrement apprécié les énigmes géographiques avec boussole et globe terrestre, le système solaire à reconstituer, les constellations à identifier. Les cubes de déduction et la réparation de fusée en plusieurs étapes clôturent cette variété impressionnante. Content Warning propose également des mécaniques de coopération intéressantes pour les amateurs du genre.

Un scénario au service des énigmes plutôt que l’inverse
L’histoire débute avec Johann percuté par un mystérieux individu qui fait tomber une enveloppe contenant un téléphone. Cet appareil révèle que sa sœur Emy est prisonnière dans un train lancé à pleine vitesse, rempli de pièges mortels et d’énigmes complexes. Johann devient le seul détenteur des informations qui aideront sa sœur à atteindre le levier de frein de la locomotive. Le jeu propose des cinématiques de qualité et une narration intéressante, ce que j’ai apprécié lors de mes sessions.
En revanche, l’histoire reste principalement un prétexte pour résoudre des puzzles plutôt qu’une véritable aventure narrative dont les enjeux s’étofferaient progressivement. Les rebondissements manquent et les motivations des antagonistes ne se clarifient jamais vraiment. L’accent est clairement mis sur les mécaniques de jeu plutôt que sur le développement narratif, ce qui décevra peut-être ceux qui cherchent une histoire profonde. Personnellement, je comprends ce choix qui privilégie l’expérience ludique.
Système d’indices et durée de vie du jeu
Chaque wagon contient une boîte accessible moyennant une pièce, trois pièces étant disponibles par wagon à découvrir dans l’environnement. Emy insère une pièce pour obtenir un ticket avec un mot qui s’envoie par SMS à M. Hindis via Johann, qui reçoit en retour des indications précieuses. Ce système permet presque toujours de progresser, même face aux énigmes les plus ardues. Toutefois, j’ai noté un déséquilibre dans la difficulté : certaines salles sont finies en trente minutes sans indice tandis que d’autres prennent plus de deux heures avec cinq indices.
Les premières salles prennent environ une demi-heure et les dernières plus de deux heures chacune, ce qui représente un investissement temporel conséquent. En cas de décès, vous pouvez recommencer le wagon ou continuer depuis le dernier point de sauvegarde. Mes sessions familiales s’étalaient sur plusieurs semaines tant certains passages exigeaient concentration et persévérance. Rejouer un chapitre propose des solutions différentes, évitant la répétition exacte des mêmes codes.

Points forts et faiblesses relevés lors du test
Le concept de base reste excellent et les énigmes procurent une satisfaction immédiate une fois résolues. Cette sensation de découvrir progressivement la solution après de longues minutes d’échange crée une véritable grisant. Les cinématiques présentent une qualité appréciable et la narration demeure suffisamment intéressante pour maintenir l’attention. L’aspect coopératif authentique renforce les liens entre joueurs, comme j’ai pu le constater avec mes adolescents.
Néanmoins, la difficulté souffre d’une gestion approximative avec des dernières salles qualifiées de véritables calvaires. Certaines difficultés proviennent du manque de clarté sur les attentes du jeu, notamment lorsqu’il faut utiliser des applications virtuelles du smartphone longtemps inutilisées. La communication d’éléments complexes pose réellement problème, rallongeant considérablement les durées de résolution. L’asymétrie du gameplay favorise légèrement le joueur à la manette qui donne le rythme tandis que le joueur sur téléphone fait davantage office d’acolyte indispensable avec des moments d’attente frustrants. Les graphismes restent corrects grâce au cel shading mais souffrent de problèmes de visibilité occasionnels.
Recommandations d’achat et verdict final
How 2 Escape s’adresse particulièrement aux passionnés d’escape games recherchant une expérience accessible et à un public casual en manque de jeux d’évasion. La comparaison avec Keep Talking and Nobody Explodes s’impose naturellement : ce titre se révèle plus accessible mais moins inventif ou rejouable. Un test professionnel lui attribue 13/20, qualifiant le jeu de plaisant malgré quelques réserves justifiées. Le jeu inclut heureusement une option daltonien pour l’accessibilité, démontrant l’attention des développeurs.
Les possibilités de rejouabilité existent avec des solutions différentes en cas de nouvelle partie. Les trophées s’obtiennent via des speed runs et la collecte de pièces, offrant des défis supplémentaires aux complétionnistes. Voici les principales plateformes où acquérir le titre :
- PC Steam avec l’application compagnon gratuite
- Nintendo Switch en version physique ou dématérialisée
- PlayStation 4 et 5 avec support des trophées
- Xbox One et Series avec système d’achievements complet
Malgré des défauts évidents, d’autres titres de coopération existent mais How 2 Escape reste une option valable pour les amateurs du genre. Le nombre limité d’adaptations d’escape game disponibles sur le marché justifie cet achat à 14,99€ si vous cherchez une expérience coopérative originale à partager.
