Je sais que ce que je vais dire va faire grincer des dents, mais il faut bien que quelqu’un le dise : Dragon Ball Z n’est pas l’anime légendaire que beaucoup d’entre vous vénèrent encore aujourd’hui. Comme fan de manga depuis mes quinze ans, j’ai moi-même grandi avec les aventures de Sangoku et sa bande. Mais quand j’ai revu la série récemment, nani ? ! J’ai réalisé à quel point mes souvenirs d’enfance m’aveuglaient sur ses défauts criants.
Alors oui, je reconnais l’impact culturel colossal de cette œuvre d’Akira Toriyama. Elle a littéralement fait découvrir les anime à des millions de spectateurs occidentaux dans les années 90. Mais entre nous, est-ce vraiment suffisant pour en faire un chef-d’œuvre ? Je ne crois pas, dattebayo !
Une galerie de personnages négligés après l’arc Cell
Ce qui me frappe le plus en reprenant Dragon Ball Z, c’est l’abandon progressif des personnages secondaires. Souvenez-vous de Piccolo dans l’arc Saiyan : quelle classe, quelle profondeur ! Le démon devenu protecteur, mentor de Gohan… Et puis ? Plus rien, ou presque. Krillin, Yamcha, Tenshinhan : tous relégués au rang de faire-valoir dès l’arrivée des Cyborgs.
Même Gohan, pourtant destiné à devenir le nouveau héros, subit ce traitement. J’ai encore des frissons quand je repense à sa transformation en Super Saiyan 2 face à Cell. Mais ensuite ? Toriyama l’a littéralement effacé au profit de son père. Quelle frustration ! Et justement, ça me fait penser aux nouvelles générations d’anime qui ont appris de ces erreurs.
Prenons cette comparaison révélatrice :
| Aspect | Dragon Ball Z | Anime modernes |
|---|---|---|
| Développement des secondaires | Limité après l’arc Cell | Continu tout au long |
| Évolution psychologique | Stagnante | Progressive et cohérente |
| Utilisation du casting | Concentrée sur 2-3 héros | Répartie équitablement |
Même Goku et Vegeta, les supposés piliers de la série, tournent en rond narrativement. Le premier cherche perpétuellement le combat ultime, le second ressasse éternellement sa fierté de prince. Après vingt ans de récit, ils n’évoluent qu’en transformations, pas en personnalité. C’est troublant quand on y réfléchit vraiment.
Le piège de la nostalgie face à la réalité narrative
Vous savez quoi ? Je pense que la nostalgie nous joue des tours avec Dragon Ball Z. Quand j’avais douze ans, voir Sangoku se transformer en Super Saiyan pour la première fois m’a marqué à vie. Cette chevelure dorée, cette aura flamboyante… Magique ! Mais en revisionnant cet arc Freezer aujourd’hui, je constate que la tension retombe vite.
D’ailleurs, ça me fait penser à une anecdote personnelle : l’année dernière, j’ai voulu faire découvrir DBZ à mon neveu de quinze ans, grand fan de My Hero Academia. Sa réaction ? « Mais tonton, pourquoi ils crient pendant cinq minutes avant d’attaquer ? » Ouch ! Il n’avait pas tort, desu.
Le problème fondamental réside dans la structure répétitive des arcs. Analysons le schéma type :
- Un nouvel antagoniste plus puissant apparaît
- Les héros actuels se révèlent insuffisants
- Entraînement ou nouvelle transformation salvifrice
- Combat final avec victoire in extremis
- Retour au calme jusqu’au prochain cycle
Cette formule fonctionne une fois, deux fois… mais au bout de la quatrième répétition ? L’effet de surprise s’évanouit complètement. Eh bien, figurez-vous que les créateurs de Naruto ou One Piece ont justement évité cet écueil en variant leurs approches narratives.
Quand les successors surpassent le maître
Ce qui me chagrine le plus, c’est de constater que les anime inspirés par Dragon Ball Z ont largement dépassé leur modèle. Prenez Naruto : certes, il reprend le concept des transformations de puissance, mais il y ajoute une profondeur psychologique que DBZ n’a jamais atteinte. Les motivations de Sasuke, l’évolution de Sakura, le développement de Gaara… Tout sonne plus juste, plus humain.
One Piece pousse encore plus loin cette logique. Oda maintient un casting pléthorique actif sur des centaines d’épisodes sans jamais abandonner personne. Chaque membre de l’équipage évolue, grandit, apporte sa pierre à l’édifice narratif. Comparez avec les Guerriers Z après l’arc Cell : ils regardent les combats depuis les gradins !
Je me souviens de ma première lecture de My Hero Academia : l’utilisation intelligente des quirks, la psychologie des vilains, la construction des relations entre élèves… Tout ce qui manque cruellement à DBZ depuis l’arc Majin Buu. Horikoshi a étudié les forces et faiblesses de ses prédécesseurs pour créer quelque chose de supérieur.
Même au niveau des incohérences scénaristiques, DBZ accumule les erreurs. Les niveaux de puissance deviennent aberrants, les règles établies sont constamment brisées, et ne parlons pas des contradictions temporelles ! Trunks du futur, ça vous dit quelque chose ?
L’héritage culturel ne fait pas la qualité artistique
Alors, dois-je brûler mes DVD de Dragon Ball Z pour autant ? Bien sûr que non ! Cette série reste un monument de l’animation japonaise, un passeur culturel irremplaçable. Elle a ouvert la voie, défriché le terrain pour tous les chefs-d’œuvre qui ont suivi. Respect, Toriyama-sensei !
Mais reconnaissons ses limites objectives. DBZ brille davantage par son impact historique que par sa construction narrative. C’est comme comparer la première voiture de l’histoire aux modèles actuels : révolutionnaire en son temps, dépassée aujourd’hui. Et justement, c’est ça qui est beau dans l’évolution du medium anime !
Ca peut être intéressant de lier cette réflexion à notre rapport général aux œuvres de jeunesse. Combien de films, de livres, de chansons nous semblent géniaux dans nos souvenirs avant de nous décevoir à la réécoute ? DBZ n’échappe pas à cette règle universelle.
Qu’est-ce que vous en pensez ? Vos souvenirs de Dragon Ball Z résistent-ils à un visionnage critique ? Ou comme moi, avez-vous découvert que la magie de l’enfance cache parfois des défauts qu’on refuse de voir ?
