Acheter Lost in Random : test et avis du jeu sur PS4, PS5, Xbox et Switch

Homme criant de joie avec un casque audio

J’ai découvert Lost in Random un soir d’hiver avec mon fils aîné, attiré par cette esthétique gothique qui me rappelait les vieux films d’animation que j’adorais adolescent. Ce jeu d’action-aventure développé par le studio suédois Zoink et édité par Electronic Arts est sorti en octobre 2021 sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X/S, Nintendo Switch et PC. L’univers féerique et sombre du royaume d’Aléa nous plonge dans la quête de Pair, une jeune fille accompagnée de Décisse, un dé vivant, partie sauver sa sœur emmenée au palais royal. Sous ses airs de conte gothique, le titre aborde frontalement les thématiques de lutte des classes et de déterminisme social. La direction artistique inspirée de Tim Burton et du stop motion constitue son atout majeur, tandis que le gameplay répétitif divise les joueurs. Voici mon test complet pour vous aider à décider si l’achat vaut le coup sur votre console.

Un univers visuel inspiré du stop motion et de Tim Burton

La direction artistique représente sans conteste la réussite majeure de ce jeu. Zoink s’inspire ouvertement de l’esthétique stop motion avec des références assumées à Tim Burton, Henry Selick et au studio Laika. J’ai immédiatement pensé à L’Étrange Noël de monsieur Jack, à Coraline et à Paranorman en examinant les premières zones. La fluidité des mouvements, la morphologie des personnages sculptés et cet équilibre subtil entre poésie et lugubre, entre onirique et glauque, créent une ambiance unique.

Chaque ville possède sa personnalité visuelle marquée avec des traits architecturaux distinctifs et des lieux mémorables. Je me souviens particulièrement de Doubleville et de ses structures symétriques dérangeantes. L’absence de HUD permet de profiter pleinement des décors gothiques et des paysages saisissants qui défilent sous nos yeux. La bande originale atmosphérique enchanteresse accompagne parfaitement cette immersion visuelle, renforçant l’ambiance féerique et inquiétante.

Malgré les inspirations évidentes, le style conserve une vraie personnalité avec des designs réussis et originaux. Mon fils appréciait particulièrement les modèles des différents boss et ennemis, tous sculptés avec soin. Cette direction artistique soignée compense partiellement les faiblesses du gameplay et justifie à elle seule une partie de l’expérience.

Créatures fantastiques aux yeux rouges dans un intérieur gothique sombre

Le système de combat mêlant cartes, dés et stratégie

Le système de combat original mélange action en temps réel, tactique et mécaniques de hasard. Les affrontements se déroulent dans des arènes en forme de jeu de plateau, une trouvaille esthétique cohérente avec l’univers. Le processus se déroule ainsi : vous brisez les cristaux posés sur les adversaires avec votre fronde pour piocher des cartes dans votre deck, puis vous lancez le dé pour arrêter le temps.

Le chiffre obtenu détermine le nombre de cartes jouables dans ce tour. Ces cartes offrent des armes à distance, des armes au corps à corps, de la défense et des bonus variés. Vous pouvez également lancer Fortune comme projectile, avec des dégâts proportionnels au score affiché. Ce système risque-récompense fonctionne bien en théorie : un bon lancer peut faire pleuvoir les récompenses tandis qu’un mauvais vous anéantit.

La configuration du plateau change à chaque lancer, obligeant à s’adapter constamment aux nouvelles positions. J’ai apprécié cette idée pendant les premières heures de jeu. Malheureusement, le potentiel du système reste sous-exploité avec une variété limitée d’ennemis et de cartes. Nous avons établi notre deck quasi-définitif très tôt dans l’aventure, et plus rien ne venait renouveler l’intérêt des combats pendant des heures.

Jeu de cartes magiques avec carte de dragon lumineux

Une narration engagée sur les inégalités sociales

L’histoire suit Pair, une jeune fille pauvre vivant dans la ville la plus misérable du royaume, qui part chercher sa sœur Odd emmenée au palais après avoir tiré un 6 au dé du destin. Ce dé noir maudit détermine la vie de chaque citoyen à douze ans : un 1 condamne à la misère dans Onecroft, un 6 promet le luxe au palais royal. Cette mécanique narrative m’a immédiatement parlé avec mon expérience de père : comment accepter qu’un simple jet de dé décide de l’avenir de nos enfants ?

La progression de Pair à travers les six villes dans l’ordre croissant révèle progressivement les différentes strates de cette société. Sa quête personnelle évolue naturellement vers une volonté de détruire la souveraine et le système injuste qu’elle incarne pour abolir les classes sociales. Cette métaphore politique frontale surprend dans un jeu au look enfantin.

La mise en scène symbolique renforce cette ascension sociale : escaliers omniprésents, angles de caméra en contre-plongée, bâtiments de plus en plus imposants rappelant Snowpiercer de Bong Joon-Ho. Nous montons physiquement et socialement tout au long de l’aventure. Dommage que la conclusion décevante abandonne partiellement ce propos engagé sans épilogue développé ni véritable réflexion sur les alternatives au système.

Silhouette solitaire sur un escalier dominant une ville brumeuse

Les limites d’un gameplay répétitif et peu fluide

Malgré ses qualités narratives et artistiques, le gameplay souffre de défauts rédhibitoires pour certains joueurs. Le game feel se révèle mou et désagréable : la course paraît lente, la marche encore davantage, la visée pénible, et presque toutes les actions présentent une latence étrange. Le jeu semble constamment ralenti ou déphasé, probablement à cause de l’aspect stop motion recherché qui impacte la fluidité.

Les transitions brutales avec les cinématiques coupées et les combats s’arrêtant instantanément cassent l’immersion. La répétitivité s’installe rapidement avec une structure conventionnelle qui se répète : arrivée en ville, dialogue, couloir, combat, dialogue, couloir, combat. Mon fils a décroché après quelques heures à cause de cette mécanique prévisible.

Les quêtes à tiroir insupportables agacent particulièrement : pour quitter un lieu, vous avez besoin de l’aide d’un personnage qui demande une mission, qui implique un autre protagoniste ayant lui aussi besoin d’assistance. Cette chaîne artificielle rallonge l’aventure sans apporter de satisfaction. Voici les principaux défauts constatés :

  • Peu de variété dans les types d’ennemis rencontrés
  • Cartes limitées et deck définitif établi trop tôt
  • Variations intéressantes arrivant seulement en fin de partie
  • Mécaniques sous-exploitées malgré leur potentiel

Les cristaux soignant les adversaires, la foudre entourant certains ennemis ou les mini boss ignorant la pause tactique apparaissent tardivement, révélant le potentiel gâché quand l’aventure s’achève déjà.

Paysage nocturne avec cristaux lumineux et éclairs bleus

Informations pratiques pour l’achat sur consoles et PC

Lost in Random est sorti le 9 octobre 2021 sur toutes les plateformes actuelles avec les mêmes contenus principaux. La durée de vie s’établit à une dizaine d’heures pour l’histoire principale et environ le double pour atteindre la completion à 100%. Sur PC, la configuration minimale requiert Windows 10 64 bits, un processeur AMD FX 6100 ou Intel i3 6300, 8 Go de RAM, une carte graphique AMD Radeon R9 270X ou NVIDIA GTX 750, et 20 Go d’espace de stockage.

Pour une expérience optimale, la configuration recommandée demande Windows 10 64 bits, un AMD Ryzen 7 2700X ou Intel i7 7700K, 16 Go de RAM, une AMD Radeon RX Vega 56 ou NVIDIA GTX 1070, et 20 Go de stockage. Les personnages sont doublés uniquement en anglais mais la traduction française reste solide sans contresens majeur.

Les contenus additionnels incluent la collecte des pages perdues du livre de contes, diverses quêtes annexes et 40 succès à débloquer pour 1000 points. Le spin-off Lost in Random : The Eternal Die change radicalement de formule avec une vue isométrique rogue-like, abandonnant la balade en 3D pour un hack and slash nerveux basé sur le hasard et la castagne. Cette suite propose des combats bien plus dynamiques, plus de 100 reliques élémentaires et quatre armes principales pour varier les stratégies. Un choix intéressant si vous avez apprécié l’univers mais trouvé le gameplay du premier opus trop mou.

Mooogle

Dans la même catégorie

Project Diva, votre média jeux vidéo, mangas et pop culture : actus fiables, analyses, guides et tendances tech & web pour mieux comprendre et choisir.

Copyright © 2026  Tout droits réservés

Retour en haut