Il m’arrive parfois de tomber sur un jeu qui ressemble à une longue balade du dimanche, sans chrono ni stress. Caravan SandWitch est exactement ça. Développé par le studio français Plane Toast et sorti le 12 septembre 2024 sur PC, Nintendo Switch et PlayStation 5, ce jeu d’aventure propose une expérience contemplative et bienveillante à 24,99€. On y incarne Sauge, qui reçoit un message de détresse du vaisseau de sa sœur Garance, disparue depuis six ans. Direction la planète natale Cigalo pour percer ce mystère. Voici mon test complet.
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ToggleUn univers post-apocalyptique à la saveur provençale
Cigalo, la planète de Sauge, est un monde post-apocalyptique directement inspiré des paysages du sud de la France. Déserts ensablés, calanques et marécages se succèdent sous une lumière méditerranéenne reconnaissable. Les décors mêlent ruines, débris de fusées et véhicules abandonnés, vestiges d’une exploitation industrielle dévastatrice.
Le Consortium, machine capitaliste interplanétaire, a épuisé les ressources de Cigalo jusqu’à provoquer une catastrophe écologique majeure. Résultat : le Tarrask, une gigantesque tempête électromagnétique née d’un accident industriel, règne désormais en toile de fond menaçante. La planète a été abandonnée.
Ces thèmes du capitalisme et de l’écologie sont traités avec intelligence et justesse, sans jamais écraser le récit. La direction artistique en cel-shading sublime chaque panorama. Les environnements colorés rendent un hommage sincère aux paysages provençaux, avec une magnificence visuelle qui force l’admiration.

Une exploration tranquille au volant d’une caravane jaune
Le gameplay repose sur la conduite d’un van jaune à travers les paysages de Cigalo. La maniabilité est agréable, le plaisir de conduite immédiat. Pas de combat, pas de monstres, aucun système de santé, zéro mécanisme de mort. Sans mort et sans combat, l’aventure ressemble davantage à une promenade paisible qu’à un défi.
Nèfle, ingénieur et ancien petit ami de Garance, propose des améliorations du van en échange de composants récupérés lors des explorations. L’antenne permet de scanner l’environnement, le grappin ouvre portes et coffres ensevelis, la poulie offre des tyroliennes vers des zones inaccessibles, et le câble énergétique redirige l’électricité vers différents objets.
Chaque amélioration débloque de nouvelles zones à chercher, et la sensation d’accomplissement à chaque nouvel endroit atteint est réelle. La téléportation instantanée au van, accessible d’une simple pression, se révèle très pratique. L’exploration est constamment récompensée, ce qui maintient l’envie de découverte tout au long de l’aventure.

Des personnages attachants portés par une narration bienveillante
Un cast riche et humain
Le jeu présente des personnages attachants et hauts en couleurs : habitants cherchant des graines résistantes, jeunes parents hésitants, Renetos grenouilles autochtones préservant leur héritage, robots abandonnés par le Consortium. Chaque quête secondaire livre une histoire concise et marquante, portée par une écriture précise et chaleureuse.
L’inclusivité est présente de manière naturelle, avec des personnages LGBTQ+ et l’écriture inclusive. Loin d’être revendicative, cette approche respire la bienveillance. Les quêtes s’affichent via un smartphone sur le réseau fictif Toaster, avec des messages en temps réel. Original et immersif.
Une narration qui prend son temps
L’histoire principale met du temps à décoller. La quête de Sauge pour retrouver sa sœur Garance paraît presque secondaire face aux quêtes annexes. La SandWitch, mystérieuse figure du titre, apparaît furtivement sans réelle interaction, laissant une impression mitigée. Mais le final, percutant et intense, rattrape largement ce démarrage timide.
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Quêtes secondaires marquantes | Histoire principale lente à démarrer |
| Final percutant et intense | SandWitch trop discrète malgré son rôle dans le titre |
| Écriture inclusive et bienveillante | Sauge ne choisit pas ses réponses |

Une bande sonore et une direction artistique au service de l’immersion
La direction artistique unique en cel-shading mérite qu’on s’y attarde. Malgré une carte de taille modeste, la richesse des environnements variés est impressionnante. Chaque panorama invite à s’arrêter quelques instants pour contempler l’horizon, envahi par la tempête de sable.
Le sound design colle parfaitement à l’univers. Le chant des cigales notamment crée une immersion sensorielle bluffante. La bande sonore dans son ensemble est agréable et bien intégrée. Mon vrai coup de cœur musical reste « Pensée dérobée » de l’artiste Antynomy, écrite spécialement pour le jeu. Sa mélodie et ses paroles épousent parfaitement l’âme de l’œuvre. Attention toutefois : le clip YouTube spoile l’aventure, mieux vaut l’éviter avant d’avoir terminé le jeu.

Des performances techniques contrastées selon les plateformes
Sur PC, le jeu tourne bien, y compris sur Steam Deck. Sur PS5, aucun freeze ni ralentissement notable n’ont été constatés lors de mon test. Les mises à jour déployées pendant les sessions témoignent de la réactivité des développeurs.
La version Nintendo Switch concentre l’essentiel des critiques. Voici ce que rapportent les joueurs :
- Framerate problématique en mode nomade comme en mode docké
- Image ultra pixelisée et textures baveuses
- Temps de chargement importants et optimisation insuffisante
Les avis sont sans appel : la version Switch est à éviter. Des soucis de caméra dans les environnements resserrés s’ajoutent aux griefs. Un bug bloque également la quête secondaire « Recrute assistant.e d’étude » en fin de partie. Un mode photo est annoncé pour une prochaine mise à jour.

Notre verdict sur Caravan SandWitch
J’ai passé une quinzaine d’heures sur Cigalo avec grand plaisir. Mes enfants m’ont regardé jouer quelques minutes et ont tout de suite été séduits par les graphismes colorés — la même réaction qu’ils avaient eu en découvrant certains jeux de société et activités pour toute la famille lors de nos soirées de Noël.
Caravan SandWitch constitue une première œuvre magistrale pour Plane Toast. Direction artistique maîtrisée, univers post-apocalyptique provençal original, gameplay contemplatif sans pression, personnages attachants, narration bienveillante et bande sonore remarquable : les qualités s’accumulent. La durée de vie d’environ 14 heures est cohérente avec le prix demandé.
Quelques bémols persistent : la version Switch est franchement déconseillée, l’histoire principale tarde à captiver et la SandWitch déçoit malgré sa place dans le titre. Ce jeu s’adresse aux amateurs d’expériences relaxantes et engagées. Un profil bien différent de celui qui apprécierait un jeu de danse comme Just Dance 2021 avec sa liste complète de morceaux, mais la même sincérité artistique s’y retrouve.
| Critère | Note |
|---|---|
| Direction artistique | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Gameplay / exploration | ⭐⭐⭐⭐ |
| Narration / personnages | ⭐⭐⭐⭐ |
| Bande sonore | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Version Switch | ⭐⭐ |
Pour un joueur en quête d’une aventure humaine, reposante et intelligente, Caravan SandWitch mérite sans hésitation votre attention. Une belle curiosité made in France, à vivre de préférence sur PC ou PS5.
- Pour : direction artistique, bande sonore, personnages, bienveillance
- Contre : version Switch catastrophique, SandWitch sous-exploitée
- Pour qui : amateurs d’exploration contemplative et d’univers post-apocalyptiques engagés
